• Diabète : à quand un pancréas artificiel en France ?

    Les États-Unis ont été les premiers à commercialiser fin avril 2017 un pancréas artificiel.

    Quand la France pourra-t-elle en bénéficier ?

    À quoi ressemblent ces appareils ?

     Sciences et Avenir fait le point avec un spécialiste.

     

    Diabète : à quand un pancréas artificiel en France ?

    Diabeloop est constitué d'une pompe sous forme de patch à coller sur le bras et d'un capteur placé au niveau de l’abdomen.

    © DIABELOOP

    Sciences et Avenir vous l'annonçait en septembre 2016 : l'Agence américaine du médicament (FDA) autorisait la commercialisation d'un premier pancréas artificiel, le MiniMed 670G de l'entreprise américaine Medtronic. Commercialisation qui a pris effet en avril 2017. Une révolution pour les diabétiques de type 1, symbolisant la fin des piqûres quotidiennes pour mesurer sa glycémie. Or différents prototypes de pancréas artificiels sont toujours en cours d'expérimentation à travers le monde, notamment en France, à des stades plus ou moins avancés. Avec le Pr Eric Renard, coordinateur du département d'endocrinologie, diabète, nutrition au CHU de Montpellier, Sciences et Avenir liste les trois dispositifs qui devraient débarquer les premiers sur le marché européen. Et fait le point sur l'avancée d'un projet plus futuriste : le pancréas bio-artificiel.

    MiniMed 670G de Medtronic, réservé (pour l'instant) aux Américains

     

    Pancréas artificiel

    © Medtronic

    Ce dispositif est composé d'un capteur sous-cutané affichant le niveau de glucose toutes les cinq minutes, et selon le chiffre obtenu, une pompe perfuse de l'insuline via un cathéter sous-cutané. Un élément semblable à un écran de smartphone affiche sur la pompe le niveau de glycémie et le débit d'insuline. Même si le MiniMed 670G ajuste automatiquement le niveau d'insuline, facilitant la vie des patients, lors des repas, ces derniers doivent l'informer des glucides consommés, afin que le dispositif calcule la quantité d'insuline à perfuser (et pour éviter l'hyperglycémie). Le dispositif présente des contre-indications : il est déconseillé aux patients ayant besoin de moins de 8 unités par jour et aux enfants de 6 ans ou moins. Pour les 7-13 ans, "Medtronic procède actuellement à des études cliniques pour évaluer l'innocuité et l'efficacité du dispositif", précise la FDA. Pour l'instant, Medtronic n'a pas demandé à ce que ce dispositif soit commercialisé en Europe. Mais peut-être que les premiers tests à grande échelle sur le sol américain lui donneront des envies d'ailleurs.

    In Control, commercialisé en Europe dès 2018 ?

     

    © Incontrol

    "In Control est presque le même que dispositif que le MiniMed 670G de Medtronic, à une différence près : l'algorithme de contrôle est d'un type différent et il est géré par un smartphone auquel le capteur et la pompe sont connectés sans fil", nous explique le Pr Eric Renard. Ce projet américano-européen, porté par la start-up TypeZero Technologies (Charlotesville, États-Unis), est actuellement expérimenté dans trois centres européens, dont un à Montpellier, et dans sept centres américains. "In Control est la version pré-commerciale d'un prototype qui a été testé précédemment chez l'adulte et l'enfant, et d'ailleurs les résultats de nos tests chez l'enfant en France seront présentés lors du Congrès américain de diabétologie à San Diego (Californie) en juin 2017", annonce le spécialiste. Une commercialisation du dispositif serait possible fin 2018, selon les résultats des études en cours.

    Le projet français Diabeloop, disponible en 2018 ?

    Diabeloop est un dispositif développé par la start-up française du même nom. Iest constitué d'une pompe - sous la forme d'un patch à coller sur le bras -, et d'un capteur placé au niveau de l’abdomen. Via une connexion Bluetooth, les informations sur la glycémie sont transmises à la troisième partie du pancréas artificiel, située elle dans la poche du patient : un smartphone sophistiqué et personnalisé. Il analyse, via des algorithmes complexes prenant en compte différents paramètres (poids de la personne, vitesse d’action de l’insuline...), le taux de sucre circulant dans le sang pour pouvoir adapter automatiquement la dose d’insuline nécessaire qui est administrée par la pompe. Les repas doivent également être annoncés par les patients comme dans les deux systèmes précédents.

    Rendue publique en janvier 2017, une étude réalisée sur 36 patients diabétiques de type 1 dans neuf centres différents en France a obtenu des résultats prometteurs. "De nouveaux travaux incluant pendant trois mois une soixantaine de patients utilisant Diabeloop hors de l'hôpital ont été lancés en 2017, afin de vérifier qu'ils savent l'utiliser correctement et facilement, et avec succès sur le contrôle de la glycémie", précise le Pr Eric Renard. Si les résultats sont probants, la commercialisation de Diabeloop se fera en 2018. Mais encore faudra-t-il que le dispositif passe rapidement les étapes de remboursement en France...

    Et le pancréas bio-artificiel ?

    Très éloigné du pancréas artificiel, le pancréas bio-artificiel consiste en une poche implantée dans le ventre du patient, directement sous la paroi abdominale. L'idée est de mettre des cellules bêta du pancréas dans cette poche afin que celles-ci sécrètent l'insuline de façon automatisée en fonction des besoins du patient diabétique. Le pancréas bio-artificiel assurerait seul le mécanisme de sécrétion de l'insuline chez les diabétiques. Un projet très ambitieux dont le professeur Eric Renard nous parlait déjà en 2014. Mais il reste pour l'instant en stand-by, et n'a pas dépassé le stade de l'animal. "Tous les projets de pancréas bio-artificiel sont pour l'instant confrontés au même problème : les cellules bêta meurent trop vite", déplore le Pr Eric Renard. Pour ce dernier, il faudra attendre encore une dizaine d'années avant de voir ce type de dispositifs accessible aux patients. 

    Un capteur de glucose sans piqûre remboursé à 100 % en France

    Marisol Touraine, ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a annoncé le 21 avril 2017 le remboursement d’un dispositif qui permettra déjà aux diabétiques de se passer des piqûres pour connaître leur glycémie : le Freestyle Libre, des laboratoires Abbott. "Il s'agit d'un capteur transcutané relié à un patch émetteur autocollant sur le bras qui mesure et enregistre automatiquement le taux de glucose. Il suffit ensuite de passer un lecteur au-dessus du capteur pour connaître la mesure chiffrée, la tendance et un historique des huit heures précédentes. Le capteur, efficace durant 14 jours, résiste à l’eau et peut-être lu sous un vêtement", explique le Pr Eric Renard. La commercialisation de ce dispositif, plus basique qu'un pancréas artificiel, est prévue en mai-juin 2017 pour les patients diabétiques pratiquant des injections multiples quotidiennes d'insuline ou traités par pompe à insuline.

    https://www.sciencesetavenir.fr/sante/diabete/diabete-a-quand-un-pancreas-artificiel-en-france_112479

     

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