• Les hypoglycémies : traitement


    Hypoglycémie = Urgence

    Pour tout événement inhabituel, anormal ou bizarre, il faut partir du principe qu'il est peut-être en relation avec une hypoglycémie, mais avant d'avaler du sucre, il faut si possible d'abord vérifier qu'il s'agit bien d'une hypoglycémie (glycémie au doigt) si on n'est pas sûr d'être en hypoglycémie.


    Les moyens

    Soi-même

    • 10 ou 15 g de sucre, c'est-à-dire 2 ou 3 morceaux de sucre N°4, ou 2 ou 3 bonbons. Le chocolat est moins efficace car il contient des graisses, ce qui ralentit le passage du sucre dans le sang.

    • 1/4 de verre de sirop de grenadine, d'orange, de mandarine, de cassis... ce que vous aimez, complété avec de l'eau. C'est encore mieux parce que le sucre est liquide (il agira plus rapidement, et la salive manque parfois lorsqu'on est en hypoglycémie). Ces sirops contiennent habituellement 800 grammes de sucre par litre et 25 millilitres de sirop pur contiennent donc l'équivalent de 4 morceaux de sucre N°4. Vous avez le choix entre transporter le litre dans votre poche comme le font certains avec d'autres boissons... ou trouver un petit flacon de 50 ou 75 ml en matière plastique incassable avec goulot allongé.

    Collation d'urgence = aliments glucidiques purs : confiture, pain, biscuits... par opposition à la collation habituelle régulière, prévue en fonction du schéma insulinique, qui doit comporter un apport mixte et équilibré en glucides, lipides et protides.

     

    Toujours avoir du sucre sur soi

    On dit habituellement «10 grammes et 10 minutes» ce qui signifie qu'il faut prendre au moins 10 grammes de sucre, que les symptômes disparaîssent habituellement en 10 minutes, et qu'il faut reprendre 10 grammes de sucre si les symptômes n'ont pas complètement disparu 10 minutes après la première prise de sucre.

    On peut prendre plus que 10 grammes, mais cela ne fera pas disparaître les symptômes plus rapidement. Par contre, attendre plus longtemps que 10 minutes pour reprendre du sucre alors que les symptômes n'ont pas complètement disparu, serait une erreur.

    Ceci ne concerne bien entendu que les hypoglycémies «habituelles» et pas les hypoglycémies dues à une cause exceptionnelle (repas sauté, activité physique importante inopinée...).

    Par l'entourage

    Sucre mouillé, confiture, sirop, boisson sucrée

    Si le diabétique est conscient, on se heurte parfois à un problème de refus du resucrage : le diabétique refuse d'absorber du sucre ou tout aliment ayant un goût sucré. Dans son esprit embrumé par l'hypoglycémie «sucre = non», et le diabétique refuse catégoriquement de prendre «le sucre interdit» avant même d'y avoir goûté. Parfois même, il refuse catégoriquement d'admettre qu'il est en hypoglycémie, ce qui ne facilite pas les choses. Pour ne pas favoriser cette réaction, dites à votre entourage d'agir avec tact, par exemple en vous disant : «Tiens, prend ça» éventuellement en ajoutant «pour me faire plaisir», mais jamais «tu es en hypoglycémie, tiens prends du sucre».

    Si le diabétique est inconscient :
    - Le mieux est de l'allonger sur le sol, couché sur le côté (position latérale de sécurité) et lui tourner la tête sur le côté.
    - Le produit sucré doit être placé entre les dents et la joue, ou sous la langue. En effet, le diabétique ne pourra pas avaler et il faut éviter que le produit sucré aille dans les poumons.
    - Le sucre doit être mouillé (quelques gouttes d'eau sur chaque morceau de sucre) car le diabétique n'est pas capable de le mélanger avec de la salive, mais un produit sucré semi-liquide est préférable (sirop, confiture...) à un produit solide comme les morceaux de sucre ou à un produit liquide comme une boisson sucrée.
    - Ne pas utiliser une grande quantité de produit sucré : une ou deux cuillères à café de sirop ou de confiture suffisent.

    Glucagon

    - Le glucagon est une hormone qui s'oppose aux effets de l'insuline et oblige le foie à produire du sucre à partir de ses réserves en glycogène.
    - Le pancréas fabrique du glucagon pendant l'hypoglycémie, mais une injection de glucagon (produit vendu sous le nom de Glucagen) en apporte rapidement un gros supplément.
    - L'injection de glucagon est habituellement faite en intramusculaire car cela agit plus rapidement qu'une injection sous-cutanée.
    - La remontée de la glycémie se produit 10 à 15 minutes après l'injection intramusculaire.
    - En cas d'inefficacité après 15 minutes, elle peut être renouvelée sans inconvénients.
    - La production de sucre par le foie entraînée par le glucagon est transitoire pendant une quinzaine de minutes. Il faut donc obligatoirement manger après une injection de glucagon.
    - Le glucagon est sans aucun danger, même si la perte de connaissance n'est pas due à une hypoglycémie, même si la perte de connaissance à lieu en forte hyperglycémie, et même chez les personnes non diabétiques.
    - Si les réserves en glycogène du foie sont basses (après un effort musculaire très prolongé par exemple) la libération de sucre sera faible.
    - Le glucagon ne doit pas être utilisé chez les diabétiques traités par des sulfamides hypoglycémiants.

    Sérum glucosé

    - L'injection intraveineuse de sérum glucosé, de préférence hypertonique à 30 %, est le traitement de choix des hypoglycémies, mais elle nécessite une personne compétente car l'injection doit absolument être faite dans une veine (il y a risque de nécrose si l'injection est faite sous la peau ou dans le muscle).
    - En aucun cas, il ne faudrait perdre du temps à trouver une veine chez une personne «difficile à piquer» ou chez une personne agitée. Dans ce cas, faire une injection intramusculaire de glucagon.
    - Il faut également manger après cette injection car la quantité de sucre que l'on injecte est relativement faible.


    Le choix des moyens

    Le choix des moyens dépend :
    • de ce que l'on a sur soi ou à proximité,
    • de la sévérité de l'hypoglycémie,
    • de la cause de l'hypoglycémie,
    • de l'heure prévue du prochain repas.

    Par exemple :
    • pour une hypoglycémie peu importante qui apparaît progressivement une heure avant le repas du soir, et que l'on n'a pas eu d'activité sportive dans l'après-midi, 2 morceaux de sucre ou une tranche de pain peuvent suffire,
    • par contre, pour la même hypoglycémie peu importante qui apparaît progressivement une heure avant le repas du soir, mais après une activité sportive importante dans l'après-midi, il faut prendre 4 à 6 morceaux de sucre et plusieurs tranches de pain (car les circonstances permettent de supposer que les réserves en glycogène du foie ont été diminuées par l'activité sportive),
    • pour une hypoglycémie importante qui s'est installée brutalement une heure après le petit déjeuner, et que le repas de midi est prévu seulement trois heures plus tard, il faut prendre d'abord 4 à 6 morceaux de sucre, et quand le malaise sera fini il faut également prendre une bonne collation,
    • pour une hypoglycémie très importante qui a nécessité l'injection de glucagon ou de sérum glucosé par l'entourage, il faut absolument prendre du sucre et une collation correcte, car l'effet de l'injection est transitoire.


    Après le malaise

    L'hospitalisation est inutile sauf en cas d'hypoglycémies répétées.

    Il faut comprendre ce qui s'est passé. Ceci pour deux raisons :

    • Pour déterminer s'il faut faire une prévention de la récidive immédiate de l'hypoglycémie, par un apport alimentaire supplémentaire après le malaise, même s'il a totalement disparu. Cette prévention de la récidive immédiate est toujours nécessaire lorsqu'il y a eu une activité physique importante qui a abaissé les réserves en glycogène du foie et des muscles.

    • Pour déterminer quel peut avoir été le facteur déclenchant de l'hypoglycémie :
    - s'il y a un facteur déclenchant, il faudra prendre ultérieurement les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver dans une situation identique,
    - s'il n'y a pas de facteur déclenchant évident, il faudra adapter les doses d'insuline du lendemain.

    Il y a trois sortes d'hypoglycémies :

    • Hypoglycémies régulières = survenant assez régulièrement certains jours à la même heure => Adaptation des doses et de l'alimentation.
    • Hypoglycémies occasionnelles explicables = survenant occasionnellement et pour lesquelles on trouve une explication => Prendre les mesures nécessaires pour ne plus se retrouver dans une telle situation, ou adapter son traitement la prochaine fois que l'on se retrouvera dans une situation analogue (activité sportive par exemple).
    • Hypoglycémies occasionnelles non explicables = survenant a priori sans facteur déclenchant et sans explication => Il faut prendre l'avis de son médecin car le type d'insuline et le nombre d'injections sont peut être à modifier.

    Pour différencier ces différents types d'hypoglycémies, l'analyse du carnet du diabétique est précieuse si celui-ci est bien tenu : «Carnet de bord» avec la colonne «Observations» riche en renseignements.

    Après une hypoglycémie, il faut comprendre ce qui s'est passé :
    •  pour déterminer s'il faut faire une prévention de la récidive immédiate de l'hypoglycémie
    •  pour déterminer quel peut avoir été le facteur déclenchant de l'hypoglycémie
    pour prendre les mesures nécessaires pour éviter de se retrouver ultérieurement dans une situation identique


    La prévention de l'apparition des hypoglycémies

    Chez le diabétique non insulinodépendant

    Les causes d'hypoglycémie chez le diabétique non insulinodépendant sont essentiellement :
    • les périodes d'activité physique inhabituelles lorsque les précédents repas avaient comporté peu de glucides, ou si le diabétique ne prend pas la précaution de s'alimenter pendant et après l'activité physique,
    • la prise de boissons alcoolisées à jeun (l'alcool empêche la libération de sucre par le foie).

    La prévention des hypoglycémies passe donc par :
    • des repas comportant des aliments non glucidiques (les aliments non glucidiques, notamment les fibres et les protéines, permettent d'éviter que la glycémie ne s'élève à un niveau conduisant au passage dans les urines d'une partie des glucides du repas).
    • des mesures d'alimentation avant, pendant et après l'activité,
    • l'abstention vis-à-vis des boissons alcoolisées, sauf en quantité modérée et uniquement lors des repas.

    Chez le diabétique insulinodépendant

    La prévention des hypoglycémies passe également par des règles simples :

    • Repas comportant des aliments non glucidiques (les aliments non glucidiques, notamment les fibres et les protéines, permettent d'éviter que la glycémie ne s'élève à un niveau conduisant au passage dans les urines d'une partie des glucides du repas).
    • Respect des heures des repas lorsque le schéma insulinique le demande, c'est-à-dire lorsque l'on n'utilise pas un schéma «basal-bolus».
    • Respect des heures d'injection d'insuline par rapport aux repas.
    • Ne pas oubier de bien homogénéiser l'insuline retard avant l'injection, sinon cela conduit en fait à s'injecter de l'insuline qui agira plus rapidement que d'habitude en raison d'une quantité moindre de «produit retard» dans l'insuline que l'on a injectée.
    • Faire les injections à l'intérieur d'une même zone d'injections avant de changer de zone, sans chevaucher les endroits d'injections.
    • Technique impeccable pour les injections d'insuline.
    • Précautions habituelles en cas d'activité physique importante :
    - baisser les doses, ou manger avant pendant et après, ou les deux,
    - ne pas faire une injection dans une zone qui travaillera beaucoup pendant le sport (par exemple, les cuisses avant de faire du vélo, le bras droit avant de faire du tennis chez les droitiers...),
    - en cas d'effort très important dans l'après-midi ou la soirée, ne pas oublier de prendre une collation supplémentaire au coucher, pour ne pas faire d'hypoglycémie pendant la nuit.
    • Bien entendu, abstention vis-à-vis des boissons alcoolisées, sauf en quantité modérée et uniquement lors des repas.

     

    Mieux vaut prévenir que guérir


    La prévention de la gravité des hypoglycémies

    • Toujours avoir du sucre sur soi.
    • Port d'une carte de diabétique mentionnant que l'on doit recevoir du sucre ou une boisson sucrée, que l'on en a sur soi, et la façon de le donner.
    • Eviter de se retrouver dans des situations d'hypoglycémie, sans pouvoir y faire face soi-même ou sans que l'entourage puisse y faire face (sucre sur soi, paquet de biscuits laissé dans la boîte à gants de la voiture, en voyage prévoir que le train peut avoir du retard et que l'on ne pourra pas manger à l'heure, qu'il peut y avoir un bouchon sur l'autoroute et que l'on ne pourra pas prendre du sucre s'il se trouve dans le coffre de la voiture...).
    • Le diabétique vivant seul doit prévenir son entourage : «si je ne vous ai pas dit bonjour en partant, si je n'ai pas ouvert mes volets, si je ne suis pas à l'heure au travail... c'est que je suis en hypoglycémie. La clé de ma porte est à tel endroit, le glucagon est à tel endroit...».
    • A l'hôtel ou pour les voyages de nuit en couchette, il est prudent de se faire réveiller par le portier de l'hôtel, le contrôleur des wagons-lits... Mettre également sa carte de diabétique en évidence sur sa table de nuit à l'hôtel ...  c'est simple et efficace pour informer que l'on est diabétique alors que l'on est sans connaissance.
    • En cas de troubles digestifs empêchant l'alimentation, toujours voir son médecin (hospitalisation éventuelle).

    La prévention de l'apparition
    des hypoglycémies est
     possible

    La prévention de la gravité
    des hypoglycémies l'est
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  • Validation des choix alimentaires
    par l'autosurveillance glycémique

     

    De quoi s'agit-il ?

    L'autosurveillance glycémique se résume très souvent à mesurer sa glycémie le matin à jeun et avant le repas du soir, c'est-à-dire aux moments où elle a le plus de chance d'être basse.

    Or ce qui importe, c'est de traquer l'hyperglycémie.

    Quel chasseur, ou quel pêcheur, se placent aux endroits les moins favorables pour voir du gibier, ou attraper du poisson ?

    L'autosurveillance peut être utilisée de façon raisonnée pour valider les choix alimentaires, en regardant la glycémie avant le repas et une heure trente après le début du repas, de manière à voir quel a été l'effet du repas.

    En effet, en l'absence de diabète, la glycémie passe habituellement de 0,80 avant le repas, à moins de 1,40 g/l une heure trente après le début du repas, et l'individu non diabétique a en quelque sorte «droit» à une ascension glycémique de 0,60 g/l par rapport à sa glycémie avant repas.

    Le niveau maximal par lequel passe la glycémie dans les suites d'un repas est en effet compris entre la glycémie avant repas et «0,60 en plus» par rapport à la glycémie avant repas. Dans certains cas la glycémie maximale n'est que de «0,20 en plus», elle est le plus souvent de «0,20 à 0,40 en plus», elle peut aussi être épisodiquement plus élevée, mais elle n'est jamais supérieure à «0,60 en plus». Ceci dépend de la nature du repas (un repas équilibré conduit à une ascension glycémique plus faible qu'un repas non équilibré) ainsi que de la «vivacité» du pancréas (les ascensions glycémiques les plus élevées sont habituelles constatées chez les personnes «en train» de devenir diabétiques).

    En ce qui concerne le diabétique, il est logique qu'il ait aussi «droit» à une ascension glycémique pouvant atteindre 0,60 g/l, et par conséquent :
    • si la glycémie est à 1,10 g/l avant le repas on peut estimer que le repas était équilibré si la glycémie une heure trente après le repas est inférieure à 1,70 g/l,
    • si la glycémie est à 1,50 g/l avant le repas on peut aussi estimer le repas était équilibré si la glycémie une heure trente après le repas est inférieure à 2,10 g/l,
    • mais plus le niveau glycémique est élevé, moins la différence glycémique est un témoin d'un repas équilibré, car la quantité de glucides passant dans les urines devient importante (lorsque la glycémie est très élevée avant repas, un repas non équilibré peut ne pas élever beaucoup la glycémie après repas).

    A l'inverse, si l'ascension glycémique postprandiale est faible, par exemple de 0,20 g/l, avec une glycémie passant de 1,10 à 1,30 g/l, on peut estimer que le repas aurait pu comporter un peu plus de glucides, comme un fruit en fin de repas par exemple.

    Autrement dit, la comparaison des glycémies avant repas et une heure trente après le début du repas permet de valider les choix alimentaires, ainsi que de signaler au diabétique s'il ne s'est pas privé «à tort» d'un apport de glucides :

    Si la différence glycémique est supérieure à 0,60 g/l, il y avait :
      - soit trop de glucides (pain et dérivés de la farine, féculents, fruits),
      - soit pas assez d'aliments non glucidiques (crudités, légumes chauds, viande ou poisson, laitage),
      - soit trop de glucides et pas assez d'aliments non glucidiques.

    Si la différence glycémique est inférieure à 0,20 g/l, un supplément glucidique aurait pu être avalé au cours de ce repas.


    Est-ce utilisable dans tous les types de diabète ?

    Cette méthode de validation des choix alimentaires est utilisable en cas de diabète de type 2, et cette autosurveillance glycémique est bien plus utile que de réaliser «bêtement», par habitude, une glycémie le matin à jeun et une glycémie le soir avant le repas ou avant le coucher.

    En effet, lorsqu'on ne réalise des glycémies qu'à ces moments, on n'a que très peu d'informations sur son degré de diabète car on réalise les glycémies aux moments où elles ont le plus de chance d'être les plus basses (ces deux glycémies n'informent pas du tout sur les glycémies après repas, et l'hémoglobine glyquée (HbA1c) est bien plus utile pour connaître son degré de diabète) et surtout elles n'apportent aucune information sur ce qu'on pourrait faire pour améliorer la maîtrise des glycémies puisque prendre un comprimé en plus, ou ne pas prendre un comprimé, selon la glycémie que l'on vient de faire, ne sert à rien étant donné qu'il faut plusieurs jours pour obtenir les effets d'un changement du nombre de comprimés contre le diabète (sauf pour les glinides pour lesquels le nombre de comprimés pris avant le repas influence immédiatement la glycémie après repas).

    Autrement dit, plutôt que de faire deux glycémies qui ne sont pas des bons indicateurs du degré de diabète, et qui n'indiquent pas ce qu'on pourrait faire pour mieux maîtriser son diabète, il est bien plus utile de faire une glycémie avant un repas et une autre glycémie une heure trente après le début du même repas de façon à savoir si les choix alimentaires étaient corrects on non (par exemple, «encadrer» le petit déjeuner le lundi, le repas de midi le mardi, le repas du soir le mercredi... ou une semaine d'encadrement du petit déjeuner, puis une semaine d'encadrement du repas de midi, et une semaine d'encadrement du repas du soir...). Bien sûr, lorsqu'on a validé ses choix alimentaires pour les menus habituels qui reviennent régulièrement, on peut alléger cette autosurveillance et privilégier les menus comportant des aliments inhabituels ou les menus qui ne comportent pas ou peu de légumes.
     

    En cas de diabète de type 2, faire une glycémie le matin et le soir n'est pas une bonne idée

    Il vaut bien mieux faire une glycémie avant un repas et une autre glycémie une heure trente après le début du même repas

     
    Cette validation des choix alimentaires est également utilisable en cas de diabète de type 1 non instable, où elle sert aussi à adapter les doses d'insuline. Par contre, lorsque le diabète de type 1 est instable, la glycémie peut varier de façon déconcertante par suite de mécanismes qui ne dépendent pas des repas, de la dose d'insuline ou de l'activité physique (à une même heure dans la journée, la glycémie peut être normale, très élevée, ou très basse, même si l'alimentation, la dose d'insuline et l'activité physique ont été strictement identiques à celles de la veille, et les courbes de glycémies peuvent être très anarchiques). Dans ce cas l'autosurveillance est très utile pour décider des doses d'insuline, mais elle est d'autant moins indicative des choix alimentaires que le diabète est instable.

    Par ailleurs, en cas de diabète gestationnel, ou de grossesse en cas de diabète, les critères sont plus stricts avec une glycémie avant repas qui doit être inférieure à 0,90 g/l et une glycémie une heure trente après le début du repas qui doit être inférieure à 1,30 g/l.

    Bien entendu, des différences glycémiques élevées peuvent aussi être le fait d'un traitement insuffisant mais cette situation est identifiable par le profil glycémique des journées.


    La glycémie avant repas est-elle nécessaire ?

    Afin «d'économiser les doigts» il est tentant de se passer de la glycémie avant repas, et de ne réaliser que la glycémie une heure trente après le début du repas, pour valider les choix alimentaires.

    Cependant c'est souvent décevant, car si la glycémie après un repas est peu élevée cela indique que le repas était équilibré, mais si elle est élevée cela n'apporte guère de renseignements car cette glycémie a pu être la conséquence d'une glycémie avant repas peu élevée suivie d'un d'un repas non équilibré, ou d'une glycémie avant repas déjà élevée suivie d'un repas équilibré.


    Quand réaliser la glycémie après repas ?

    Lorsqu'on étudie les profils de glycémie après repas chez les personnes non diabétiques (toutes les dix minutes pendant trois heures par exemple) on constate :
    • d'une part, que pour des repas strictement identiques et pris à la même heure, le maximum de glycémie est variable selon les jours, probablement parce que la vitesse avec laquelle se vide l'estomac n'est pas la même tous les jours,
    • et d'autre part, que le moment où la glycémie passe par son maximum dépend beaucoup de la nature du repas :
    - après un petit déjeuner comportant un café, du pain et de la confiture, le maximum peut être atteint en demi-heure, et il peut en être de même après un repas de midi ne comportant que de la purée de pomme de terre et une tranche de jambon (ceci est dû au fait que le pain et les pommes de terre ont une digestion très rapide et qu'il n'y a pas, ou peu, d'autres aliments non glucidiques ralentissant le passage des glucides, des intestins vers le sang),
    - par contre, après un repas comportant des crudités, des légumes chauds, un féculent ou mieux encore des légumes secs, de la viande ou du poisson ou des oeufs, un laitage et un fruit, le maximum de glycémie sera atteint beaucoup plus tardivement car les aliments non glucidiques associés abaissent l'index glycémique du repas ; d'autre part, bien que l'apport en glucides soit un peu plus important, le maximum de glycémie est moins élevé.

    Autrement dit :
    • si on mesure la glycémie peu de temps après le début du repas, on a de fortes chances de ne pas connaître la valeur maximale, surtout si on veille à équilibrer ses repas de manière à ce que ce maximum soit le plus bas et le plus tard possible,
    • mais si on la mesure trop tard après le début du repas, on a de forte de chances de trouver une valeur qui est plus basse que le maximum qui a eu lieu une demi-heure ou une heure avant.

    D'autre part, la glycémie postprandiale est destinée à être comparée avec la glycémie avant repas, mais aussi avec les glycémies postprandiales réalisées aux mêmes moments les jours précédents, et ceci n'est possible que si on adopte un intervalle de temps moyen identique tous les jours.

    Enfin, plus on attend pour mesurer la glycémie postprandiale, plus on se rapproche de la glycémie d'avant repas du repas suivant dont la signification n'est pas du tout la même : la glycémie après repas est le témoin de la capacité du glucose alimentaire à pénétrer dans les muscles et dans le foie pour stocker l'énergie glucidique, alors que la glycémie avant repas est le témoin de la sortie de glucose du foie pour assurer les dépenses glucidiques.

    Pour toutes ces raisons, l'intervalle de temps le plus habituellement recommandé est d'une heure trente après le début du repas (une heure après le début du repas, c'est trop tôt, surtout pour le repas de midi et du soir, tandis que deux heures après la fin du repas, c'est trop tard d'autant que cela correspond à 45 ou 60 minutes supplémentaires par rapport à un intervalle de temps d'une heure trente après le début du repas).


    Quels repas faut-il tester ?

    L'objectif étant de traquer l'hyperglycémie, le plus utile est de tester les repas dont on pense que la composition est de nature à conduire à une élévation excessive de la glycémie.

    Les repas les plus intéressants à tester sont donc les repas comportant des glucides en quantité non négligeable (pain et farineux, féculents, fruits) et/ou les repas dont les aliments non glucidiques (crudités, légumes chauds, viande ou poisson, laitage) sont absents ou en faible quantité.

    Ou encore, étant donné que les études concernant les habitudes alimentaires familiales montrent que les mères de famille ont habituellement une vingtaine de menus «de base» qu'elles déclinent selon diverses modalités, il est aussi possible notamment la première fois que l'on envisage de valider ses choix alimentaires par l'autosurveillance glycémique, de tester les uns après les autres les menus habituels, de façon à vérifier leur effet sur la glycémie, et réfléchir à la façon dont ces menus pourraient être équilibrés, notamment par l'ajout d'aliments non glucidiques.

    Il est également possible, lorsque les différents menus habituels ont été testés, de procéder de façon systématique en testant le petit déjeuner le lundi, le déjeuner le mardi, le dîner le mercredi, puis à nouveau le petit déjeuner le jeudi...

    Enfin, il est intéressant de noter qu'assez souvent c'est le petit déjeuner qui conduit aux élévations glycémiques les plus importantes, même lorsque le volume des aliments avalés est faible. Ceci est lié au fait que très souvent le petit déjeuner comporte uniquement un liquide (café, thé...) qui n'apporte pas de glucides ni d'éléments susceptibles de ralentir la digestion, et du pain dont la moitié du poids est en fait des glucides. D'autre part, le matin est la période de journée où la tendance hyperglycémique est la plus forte par suite de l'effet d'hormones sécrétées en fin de nuit (le même petit déjeuner pris le soir entraîne une moindre élévation glycémique). Pour améliorer le petit déjeuner, il est souvent utile de manger quelque chose en plus (tranche de jambon découenné dégraissé ou de blanc de dinde, fromage allégé, yaourt maigre, fromage blanc allégé, tranche de fromage toastinette, oeuf... mais aussi tomate, concombre, carottes crues...), et le pain gris, ou mieux les pains enrichis en fibres, se digèrent plus lentement que le pain blanc.


    En résumé

    L'autosurveillance peut être utilisée de façon raisonnée pour valider les choix alimentaires, en regardant la glycémie avant le repas et une heure trente après le début du repas, de manière à voir quel a été l'effet du repas.
     

    Le seul moyen de vérifier que l'on ne se trompe pas dans le choix de ses aliments, est de vérifier sa glycémie avant le repas et une heure trente après le repas, et d'en tirer les conclusions qui s'imposent :

    • Si la différence glycémique est correcte, c'est qu'on ne s'est pas trompé dans le choix des
     aliments

    • Si la différence glycémique n'est pas correcte, il
     faut trouver où est l'erreur pour éviter de la refaire

     
    Par contre, rien ne vous indiquera si votre repas contenait trop de graisses. C'est à vous d'y faire attention à chaque repas.
     

    Obtenir de «bonnes glycémies» ne suffit pas ...

    Il faut aussi faire attention
    au contenu en graisses des
     repas

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  • 3 2 Les hypoglycémies nocturnes méconnues (20, 21, 22, 23)

    Des hypoglycémies nocturnes méconnues peuvent être responsables de manifestations de neuroglucopénie persistant après le réveil, alors même que la glycémie est redevenue normale (troubles de l'humeur, perte de concentration intellectuelle et de l'attention, diminution de la mémoire, céphalées ou même asthénie). Le plus souvent cependant, les hypoglycémies nocturnes sont asymptomatiques. Elles peuvent provoquer une " désensibilisation " à l'hypoglycémie avec abaissement du seuil de perception de l'hypoglycémie au dessous de 0,40 g/l et cela y compris bien sûr durant la journée. Elles peuvent également expliquer une discordance entre un taux d'HbA1c satisfaisant et un carnet d'autosurveillance mettant en évidence des hyperglycémies diurnes. Les hypoglycémies nocturnes sont particulièrement fréquentes lorsque les doses d'insuline quotidiennes dépassent 0,85 U/kg chez l'enfant ou 1,2 U/kg chez l'adolescent ou 0,75 U/kg chez l'adulte. Elles doivent être systématiquement recherchées par la mesure de la glycémie capillaire nocturne par le diabétique. Par contre, l'importance de l'effet Somogyi, avec rebond hyperglycémique au réveil suivant une hypoglycémie nocturne asymptomatique, est aujourd'hui relativisée dans la mesure où l'effondrement de l'insulinémie en fin de nuit apparaît comme la cause déterminante de l'hyperglycémie du réveil. C'est, au contraire, la normoglycémie au réveil qui est statistiquement le plus souvent associée à l'hypoglycémie nocturne. Cependant, l'hypoglycémie nocturne peut être responsable d'une insulinorésistance prolongée pendant 12 à 24 heures, majorant notamment le pic glycémique qui suit le petit déjeuner.

    Conséquences pratiques

    La recherche d'un parfait équilibre glycémique fait craindre la survenue du cercle vicieux suivant : l'augmentation de la fréquence des hypoglycémies modérées entraîne un défaut de perception de l'hypoglycémie, ce défaut de perception est responsable d'hypoglycémies sévères plus fréquentes, la répétition des hypoglycémies provoque des troubles des fonctions cognitives entraînant des hypoglycémies de plus en plus sévères... La recherche d'un bon équilibre glycémique, nécessaire pour éviter les complications dégénératives à long terme du diabète, doit donc s'accompagner impérativement d'une stratégie de prévention des hypoglycémies sévères, grâce aux mesures suivantes :

    I 4 1 Individualiser l'objectif glycémique (24)

    Dans la majorité des cas, la prévention des complications sévères du diabète peut être obtenue par une HbA1c comprise entre 6,5 et 7,5 %. Chez les enfants de moins de 7 ans et chez les sujets âgés de plus de 70 ans, l'objectif doit être individualisé en tenant compte du rapport bénéfice / risque. Chez les personnes présentant des accidents hypoglycémiques sévères répétés, il convient de revoir l'objectif glycémique et d'accepter des HbA1c plus élevées, parfois de façon transitoire pendant quelques semaines. En effet, des études récentes ont montré que des périodes de plusieurs semaines d'évitement de l'hypoglycémie permettent de restaurer la perception des symptômes d'alerte neuro-végétatifs de l'hypoglycémie, au moins partiellement, et au moins lorsque le diabète a moins de 15 ans.

    I 4 2 Eduquer le patient et son entourage

    Il convient d'insister sur l'éducation du patient vis-à-vis du risque hypoglycémique et sur la vérification, lors des consultations, de l'adéquation de ses comportements :
    - revoir avec le patient ses symptômes même minimes d'hypoglycémie et lui proposer de s'entraîner à deviner son taux de glycémie en comparant la valeur supposée à la " glycémie réelle " mesurée (25)
    -s'assurer que le patient a sur lui en permanence une carte de diabétique précisant son traitement et rappelant la conduite à tenir en cas d'hypoglycémie. Il doit également avoir en permanence à portée de main (dans sa poche) l'équivalent de 15 grammes de glucides d'ingestion facile (3 sucres n4) (voir encadré)
    -contrôler sa technique de remplissage de la seringue et d'injection (ou d'utilisation des stylos à insuline). Il convient de rappeler ici la différence de concentration de l'insuline en cartouche (100 unités/ml) à l'usage exclusif des stylos, et de l'insuline en flacon (40 unités/ml) pour les seringues, en insistant sur les risques inhérents à la disponibilité sur le marché de ce double dosage. Par ailleurs, il convient de prescrire des aiguilles courtes (mais pas très courtes) ou de conseiller au malade de pincer la peau lors de l'injection chez les personnes minces, ayant un panicule adipeux sous-cutané réduit, pour éviter que l'injection d'insuline ne soit faite en intra-musculaire, (26). Les points d'injections doivent être changés de façon à éviter la survenue de lipohypertrophies. En cas de lipohypertrophies, il convient de ne plus injecter d'insuline dans les zones concernées afin d'éviter les aléas de résorption. Pour limiter la variation de résorption, on conseille aujourd'hui de choisir le même territoire (bras, cuisses, ventre, fesses) pour une injection d'horaire donné.
    -proposer si nécessaire des collations dans la deuxième moitié de la matinée et au milieu de l'après-midi pour éviter la survenue d'hypoglycémies en fin de matinée et/ou en fin d'après-midi. Ces collations sont toutefois facultatives, dépendant de l'évaluation du risque hypoglycémique (voir encadré)
    -conseiller, en cas d'activité physique programmée prolongée, de diminuer la dose d'insuline de l'injection précédente de 25 à 50 %, de contrôler de façon répétée sa glycémie capillaire, de prendre des collations supplémentaires adaptées. En cas d'effort non programmé ou en cas d'effort intense bref, contrôler la glycémie et prendre des collations, en privilégiant pendant l'effort les sucres d'absorption rapide (eau sucrée, jus de fruit, ...).

    Dans tous les cas, le malade sera prévenu de la prolongation pendant 12 à 24 heures de l'effet hypoglycémiant d'un effort intense soutenu. En conséquence, le malade diabétique insulino-dépendant diminuera les doses d'insuline retard du soir de 25 à 50 % et/ou prendra une collation suffisante au coucher après une journée d'activité physique intense, pour éviter la survenue d'hypoglycémie nocturne.
    -rappeler que la plupart des sports sont autorisés aux diabétiques insulino-dépendants moyennant le respect des précautions recommandées. En revanche, le risque hypoglycémique contre-indique les sports tels que l'escalade ou la plongée en solitaire, la course automobile (mais pas les rallyes) et le pilotage d'avion... De même, certains métiers sont interdits aux diabétiques insulino-dépendants, en raison du risque hypoglycémique : chauffeurs de transports en commun, chauffeurs routiers, chauffeurs de taxi, pilotes d'avion, militaires, grutiers, couvreurs, ...
    -recommander au malade diabétique insulino-dépendant, lors de ses trajets en voiture (surtout s'ils sont longs), de contrôler la glycémie capillaire avant de prendre le volant. On lui conseillera de s'arrêter toutes les deux heures pour contrôler sa glycémie capillaire et de prendre si nécessaire des collations. On insistera sur la nécessité d'avoir du sucre à portée de main dans la voiture et de s'arrêter immédiatement au moindre malaise.
    -revoir avec le malade, grâce à la lecture du carnet d'auto-surveillance glycémique, l'adéquation de ses décisions thérapeutiques pour la prévention ou le traitement d'une hypoglycémie. La tenue du carnet d'auto-surveillance permet également de comptabiliser les hypoglycémies, d'en repérer les heures et les conditions de survenue.
    -rappeler que le resucrage initial lors de l'hypoglycémie doit être effectué d'emblée avec 15 à 20 grammes de glucides (1 sucre pour 20 kg chez l'enfant), le contrôle de la glycémie capillaire étant réalisé secondairement immédiatement après ce premier resucrage. Si ce contrôle montre une glycémie inférieure à 0,40 g/l, une deuxième dose de resucrage peut être ingérée sans délai, mais la persistance d'une sensation de malaise ne doit pas amener le malade à continuer son resucrage sans contrôle de la glycémie (après un délai d'environ 30 minutes). En effet, l'absorption de quantités plus importantes de glucides n'entraîne pas un resucrage plus rapide, mais seulement une hyperglycémie secondaire plus importante. D'autre part, l'impression de malaise peut durer pendant plusieurs heures alors que la glycémie est remontée au dessus des valeurs normales.
    -organiser la formation de l'entourage à la reconnaissance et au traitement de l'hypoglycémie. L'entourage doit notamment être averti des symptômes d'alerte de l'hypoglycémie (pâleur soudaine, sueurs, mydriase, tremblements, mouvements anormaux, "bizarrerie", changement brusque de l'humeur à type d'irritation plus que de jovialité, ralentissement du débit verbal, lenteur de l'idéation, propos incohérents, absences, confusion, ..), de l'urgence du resucrage, de la fréquence du déni de l'hypoglycémie chez les diabétiques. En cas de déni du malaise par le diabétique, il est en général inutile de chercher à le convaincre qu'il est en malaise, il faut, par contre, essayer de le resucrer sans brusquerie ou favoriser son auto-resucrage. Il importe de vérifier que le patient ait à son domicile, sur son lieu de travail et ses lieux de loisirs des ampoules de Glucagon ® non périmées et des seringues et qu'un membre de son entourage est capable de l'injecter, en rappelant que lorsque le malade a repris connaissance, il importe d'assurer un apport glucidique oral pour éviter la rechute de l'hypoglycémie. Les équipes soignantes doivent donc apprendre la manipulation du Glucagon ® à l'entourage. Le patient aura également à son domicile des ampoules de soluté glucosé hypertonique à 30 % à injecter en intra-veineux par une infirmière ou un médecin en cas de coma hypoglycémique profond.

    I 4 3 Diminuer le risque d'hypoglycémie nocturne (27)

    -en intensifiant l'auto-surveillance glycémique lorsque des doses importantes d'insuline (supérieures à 0,85 U/kg chez l'enfant, 1,2 U/kg chez l'adolescent, à 0,75 U/kg chez l'adulte) s'avèrent nécessaires
    -en conseillant le plus souvent une limitation du pourcentage d'insuline rapide injectée avant le dîner à moins de 30 % de la dose totale d'insuline injectée le soir
    -en demandant au patient de contrôler systématiquement la glycémie au coucher avant de prendre une collation contenant des glucides lents si celle-ci est inférieure à une valeur seuil fixée individuellement (le plus souvent autour d'1,40 g/l, mais pouvant aller de 1,20 à 2 g/l)
    -en fixant pour objectif une glycémie au réveil, non pas normale, mais de l'ordre de 1,40 g/l, voire 1,60 g/l, lors d'un traitement par multiples injections et de l'ordre de 1,20 g/l lors d'un traitement par pompe
    -en lui conseillant de contrôler de façon systématique la glycémie vers 3 heures du matin par exemple 1 fois ou 2 fois par mois (le risque de glycémie inférieure à 0,50 g/l est évalué à 30 % chaque nuit, 80 à 90 % de ces hypoglycémies nocturnes étant asymptomatiques). Des hypoglycémies nocturnes répétées seront systématiquement recherchées en cas de perte de perception des symptômes neurovégétatifs d'alerte de l'hypoglycémie ou en cas de discordance entre une HbA1c satisfaisante et des glycémies diurnes élevées.

     http://www.alfediam.org/membres/recommandations/alfediam-hypoglycemie.asp

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  • Infections vaginales à levures

    Qu’est-ce qu’une infection vaginale à levures ?

    L’infection à levures ou infection fongique (du mot latin fungus, qui signifie champignon, la levure étant un champignon microscopique), est la forme d’infection vaginale la plus fréquente. Elle est généralement causée par le champignon Candida, d’où le nom de candidose souvent utilisé pour désigner cette infection.

    Comment la reconnaître ?

    Habituellement, il se produit un écoulement vaginal épais, blanc jaunâtre, qui a l’aspect du lait caillé et qui adhère aux parois du vagin et au col de l’utérus. Vous ressentirez probablement des démangeaisons et des sensations de brûlure.

    Quelles sont les causes ?

    Toutes les femmes peuvent souffrir d’une infection à levures, pour diverses raisons. Les antibiotiques, les douches vaginales avec des solutions fortes, les savons ou même le cycle menstruel peuvent perturber le milieu chimique ou la flore bactérienne normale du vagin. Les pantalons trop serrés, les bas-culottes, les sous-vêtements en tissus synthétiques ou un maillot de bain humide peuvent fournir un milieu propice à la croissance des micro-organismes responsables de l’infection.

    Quels sont les facteurs prédisposants ?

    Vous êtes plus sensible à ce genre d’infection si vous êtes en âge de procréer, si vous prenez des contraceptifs oraux, si votre résistance est affaiblie par la maladie, la fatigue ou une mauvaise alimentation, ou si vous êtes enceinte ou souffrez du diabète.

    L’élévation trop importante de la glycémie rend les personnes diabétiques plus susceptibles aux infections.

    Or, l’infection vulvo-vaginale à levures est un des signes les plus fréquents d’un mauvais contrôle du diabète chez la femme. En plus du médicament contre les levures, l’amélioration du taux de sucre sanguin est essentielle pour la disparition de l’infection.

    Cette infection est-elle contagieuse?

    Elle n’est généralement pas considérée comme une maladie transmise sexuellement. Vous pouvez cependant la transmettre à votre partenaire, ou celui-ci peut être porteur du champignon et vous le transmettre.

    Qu’arrive-t-il pendant les menstruations ?

    Vous constaterez peut-être que vous êtes particulièrement prédisposée aux infections à levures immédiatement avant et pendant les menstruations. Dans la plupart des cas, le traitement peut être administré durant les menstruations, mais vous ne devez pas utiliser de tampons hygiéniques pendant le traitement.

    Et les relations sexuelles ?

    Il serait sage que votre partenaire porte un condom si vous avez des relations sexuelles durant le traitement antifongique ou immédiatement après. Vous éviterez ainsi la réinfection mutuelle.

    Pour prévenir les infections à levures, veillez à ce que le vagin soit toujours bien lubrifié durant les relations sexuelles.

    Y a-t-il un danger si je suis enceinte ?

    Dans la plupart des cas, non. Si vous êtes enceinte ou si vous prévoyez le devenir et que vous avez, ou pensez avoir, une infection à levures, ne manquez pas d’en informer votre médecin. (Certaines préparations vaginales sont contre-indiquées durant le premier trimestre de la grossesse.)

    Lorsqu’une femme a une infection à levures au moment de l’accouchement, l’enfant peut contracter une infection buccale, mais cette infection se traite facilement.

    Peut-elle réapparaître ?

    La possibilité existe. Souvent, l’infection réapparaît parce que les femmes cessent le traitement avant la fin. Il se peut également que votre partenaire vous retransmette l’infection s’il n’a pas été traité.

    Peut-on prendre des précautions pour prévenir cette infection ?

    Essayez de garder la région vaginale saine et résis-tante aux infections:

    portez des sous-vêtements en coton ou autres fibres naturelles
    séchez bien la région génitale après la baignade, la douche ou le bain
    essuyez-vous d’avant en arrière après avoir été à la selle
    évitez les douches vaginales trop fréquentes
    si vous prenez des médicaments, parlez-en à votre médecin

    De plus, certains médicaments peuvent favoriser l’apparition d’infections vaginales à levures. Si vous êtes à risque de développer ce type d’infection, n’hésitez pas à vous informer des effets d’un nouveau médicament auprès de votre médecin ou pharmacien.

    Quels sont les traitements ?

    Il existe un certain nombre de médicaments très efficaces pour le traitement des infections à levures.

    Votre médecin vous prescrira un médicament, sous forme de comprimés ou de crème, ou les deux jumelés dans un seul emballage. Le traitement peut durer un, trois ou six jours. Certains médicaments peuvent être obtenus sans ordonnance. Vérifiez auprès de votre pharmacien.

    Il est très important de suivre le traitement jusqu’à la fin, même si les symptômes disparaissent. La fidélité au traitement aide à prévenir les rechutes et assure la disparition de l’infection.

    Durant le traitement, portez des vêtements en coton ou d’autres fibres naturelles, évitez les douches vaginales, utilisez un condom lors des relations sexuelles et ne prenez pas de bain après l’administration vaginale d’un comprimé ou de la crème.

    Source : Plein Soleil - Automne 95, Reproduit avec permission de Bayer. Révisé en mars 2001 et en février 2004

    http://www.diabete.qc.ca/html/le_diabete/complications/infections
    .html
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  • Docteur Jean-Marie Bourre

    Directeur de recherches INSERM, Membre de l'académie de médecine

    Pourquoi un index glycémique ?

    Tous les aliments contenant des glucides n'induisent pas la même réponse glycémique (concentration de glucose dans le sang, c'est-à-dire de « sucre ») au sein de l'organisme : le glucose passe plus ou moins rapidement et massivement dans le sang selon son origine. D'où la notion d'index glycémique des aliments. II a été défini pour classer les glucides selon l'importance et la durée de l'élévation de la glycémie qu'ils induisent lorsqu'ils sont ingérés par des personnes.

    En fait, la notion d'index glycémique recouvre celle de « sucre rapide » et de « sucre lent », mais sans être similaire, ni équivalente. Sucres "rapides", signifie rapidement absorbés par la physiologie et le métabolisme. Un exemple simple permet de justifier ce qualificatif. Ainsi, les vingt grammes des quatre morceaux de sucre absorbés en milieu de journée (dans une boisson sucrée, par exemple) arrivent dans l'estomac pour en sortir immédiatement, avant d'être très rapidement digérés par les intestins ; ils affluent alors dans le sang, qui ne trouve pas d'organe à qui les fournir, à moins qu'un effort musculaire ne soit en cours. L'organisme stocke alors cette énergie sous la forme prévue par la nature, c'est-à-dire de graisses. Ce sucre est par conséquent dit « rapide ».

    Par contre, une multitude de molécules de glucose assemblées les unes aux autres forment des assemblages, dont le plus connu s'appelle amidon. Vingt grammes de celui-ci, trouvés dans environ trente à quarante grammes de pain (qui sont des glucides, pour 70 % de leur poids), sont lentement travaillés par l'estomac, digérés tout aussi lentement par les intestins ; le sang reçoit ces bons sucres « lents » en petites doses, et pendant une longue durée. Ils vont donc approvisionner utilement en énergie l'organisme ; suppléant régulièrement à ses besoins pendant plusieurs heures. Ce sont les sucres "lents", ainsi dénommés car ils se distribuent lentement dans le corps. Grâce à eux, la glycémie est maintenue constante, pour le plus grand bénéfice des neurones, notamment. Leur index glycémique est bas.

    Quelle est la définition de l'index glycémique ?

    II se caractérise, à quantité égale de glucides, comme l'effet hyperglycémiant (augmentation de la teneur de glucose dans le sang) d'un aliment comparé à un liquide glucosé.

    II est très exactement calculé par un chiffre déterminé par une fraction. Au numérateur de celle-ci figure la surface mesurée sous la courbe glycémique durant trois heures, après ingestion de cinquante grammes de glucides contenus dans l'aliment testé ; au dénominateur est comptabilisée la surface glycémique pendant trois heures après l'ingestion d'une solution standard de cinquante grammes de glucose. En pratique, chez une même personne, le numérateur est déterminé le premier jour, le dénominateur le deuxième matin. Véritable novation, cet indice est d'autant meilleur qu'il est plus faible.

    En fait, les mécanismes physiologiques ne sont pas très complexes: pour approvisionner régulièrement le corps, il faut que le sucre alimentaire arrive lentement, mais régulièrement, dans le sang, ce qui est notamment le résultat d'un Temps de vidange gastrique (un TVG lent) et d'une digestion intestinale aussi lents que possible. Le tout génère un index glycémique bas (et une faible sécrétion d'insuline).

    La vitesse avec laquelle s'effectue l'évacuation de l'estomac, la vidange gastrique, représente probablement l'un des facteurs les plus importants du contrôle de la vitesse de l'absorption intestinale. En réalité, selon que l'aliment est consommé seul ou non, les différences de TVG sont notables. Ce temps conditionne la vitesse de distribution dans l'intestin grêle du glucose produit préalablement dans l'estomac, ainsi que des amidons restants ; il induit, par conséquent, les réponses glycémiques qui suivent l'absorption d'aliments. Le TVG dirige et organise, il délivre petit à petit les nutriments, évite les à-coups, assure l'étalement de l'apport en glucose à l'organisme sur plusieurs heures. Globalement, selon qu'un aliment glucidique donne lieu à un TVG rapide ou lent, le pic de concentration de sucre dans le sang est plus ou moins accentué ; il est suivi d'ailleurs, dans un second temps, d'un pic hyperinsulinémique. II convient que ces deux pics soient aussi peu marqués que possible.

    En quoi l'index glycémique est-il une avancée considérable en nutrition ?

    La mesure de l'index glycémique constitue un progrès considérable, car il s'agit d'un paramètre physiologique qui définit objectivement la qualité d'un aliment ; alors que, pour les autres nutriments, on en reste aux quantités telles que définies dans les ANC (apports nutritionnels conseillés, définis par les experts) ou encore les AJR (apports journaliers recommandés, exigés par le législateur). Au contenu chimique de l'aliment est substitué une réponse biologique.

    Cet index est actuellement l'instrument de mesure le plus fiable, compte tenu des connaissances scientifiques et médicales. L'index insulinémique (qui fournit la rapidité de réponse hormonale à l'arrivée de glucose, sous forme de sécrétion d'insuline) est certes plus pertinent, mais il est plus complexe et plus coûteux à doser.

    Relation entre faim, satiété et index glycémique ?

    La satiété est inversement proportionnelle à l'index glycémique d'un aliment. C'est-à-dire que plus un sucre est « lent », mieux il coupe la faim. Incidemment, chez l'adolescent obèse, la prise volontaire libre d'aliments après un repas à index glycémique fort est de 80 supérieure à ce qu'elle est après un repas similaire, mais d'index glycémique faible.

    Quelles relations entre l'index glycémique et la nature chimique des glucides ?

    En fait, la nature du sucre - simple ou complexe - ne permet pas d'inférer systématiquement l'ordre de brandeur de l'index glycémiquet Ainsi, le glucose donne un index de 100, par définition ; alors que le fructose (autre sucre simple) présente un index de 23, ce qui explique que les fruits aient des index bas.

    Les disaccharides (constitués par définition de deux sucres simples) ont des index moyennement élevés, allant de 73 pour le miel (car il est en partie « inversé », c'est-à-dire qu'il contient en fait une bonne quantité de glucose), à 65 pour le saccharose (celui du sucre en morceaux ou des boissons sucrées, formé de deux molécules arrimées l'une à l'autre : le glucose et le fructose) pour descendre à 45 avec le lactose (celui du lait, composé de glucose attaché au galactose).

    Un exemple de la complexité des phénomènes : une banane peu mûre contient surtout de l'amidon (donc un bon sucre "lent"), mais quand elle est à maturité et sucrée, il y a surtout du sucre (donc du sucre « rapide »). En réalité, la composition de chaque aliment intervient sur les caractéristiques - lentes ou rapides - de ses propres sucres.

    La présence de graisses modifie-t-elles l'index glycémique ?

    La présence de graisses (consommées en même temps que les glucides) diminue l'index glycémique. A titre d'exemple, alors qu'il est de 65 pour le saccharose, il passe à 49 dans le chocolat (constitué de graisses et de sucres) !

    La combinaison de graisses et de protéines diminue encore l'index: de 45 pour les pâtes, il passe à 39 avec les raviolis (grâce à la présence de protéines) pour se retrouver à 32 pour les pâtes aux neufs (protéines + graisses). Dans le même esprit, l'index glycémique du lait écrémé (32) est inférieur à celui du lactose (46) conséquence de la présence des protéines, celui du lait entier est encore plus petit (27) grâce à la présence simultanée des protéines et des graisses.

    L'index glycémique du pain est fortement amélioré du fait de son accompagnement

    En pratique alimentaire, le pain n'est presque jamais consommé seul : au cours du repas, il est au minimum accompagné d'un peu de beurre, de fromage, d'une tranche de jambon ou de quelques rondelles d'œuf. Ces assortiments diminuent de manière importante son index glycémique. Donc, en fait, quel que soit le pain, l'index est très probablement favorable dés l'instant qu'il fait partie d'un repas ; ainsi, le sandwich s'avère intéressant. Mais ceci demandait à être vérifié en France, sur des produits français.

    Dans le pain complet, la présence du germe, constitué de graisses et de protéines, réduit l'index ; outre le fait que ce germe bénéficie de la propriété exceptionnelle de contenir de fortes quantités de vitamines, de minéraux et d'acides gras indispensables.

    Nature des aliments, TVG, index glycémique

    Différents facteurs peuvent influencer le temps de vidange gastrique. D'abord la teneur en lipides : plus le repas en est riche et plus le temps de vidange est long. Ensuite les quantités de glucides complexes eux-mêmes : ils augmentent le temps de vidange. C'est ainsi qu'une fine purée de pommes de terre bien cuite, sans graisse, est absorbée par l'intestin presque aussi vite que de l'eau contenant une quantité équivalente de glucose : c'est alors un véritable sucre "rapide". D'où l'intérêt, de "ralentir" les sucres, avec du beurre, ou mieux, du fromage râpé, de quelques gouttes d'une huile végétale poly-insaturée, telle celle de noix qui donne un goût sublime ! Un dessert bien sucré pris en fin de repas, après une salade copieusement agrémentée de vinaigrette à l'huile, peut ainsi devenir un sucre "lent", et n'être pas interdit à un diabétique. Le chocolat est un exemple de cette association glucides et lipides.

    Index glycémique, activité physique, diabète et obésité

    Sur un plan méthodologique, l'index glycémique d'un aliment est mesuré chez un volontaire au repos. Toutefois, la vitesse d'accumulation du sucre dans le sang, qui est objectivée par l'aspect de la courbe glycémique, est déterminée par l'équilibre entre le flux de glucose entrant dans le sang, et la vitesse avec laquelle il le quitte pour être assimilé par les tissus. Lors d'activité sportive importante, l'élévation de la glycémie est modeste, car le glucose est immédiatement utilisé dès son arrivée dans le sang.

    Chez l'obèse et chez le diabétique, les index glycémiques des aliments ne sont pas les mêmes que chez les autres sujets.

    Un exemple d'intérêt de l'index glycémique : le cerveau

    Globalement, en l'absence de morceaux de sucre et de confitures, le rôle exclusif de 40 du pain du petit-déjeuner est de faire fonctionner le seul cerveau ! En effet, les recommandations récentes des nutritionnistes sont de 50 % de la ration calorique sous forme de glucides ; étant donné que votre cerveau monopolise 20 % de la ration calorique totale, mais seulement sous forme de glucose, il est logique de déduire par le calcul qu'il utilise en fait les 20 % du total sur les seuls 50 % de glucides, ce qui représente finalement 40 % de ces glucides.

    Les personnes dont la glycémie est irrégulière, mal régulée, présentent des performances intellectuelles amoindries, notamment les personnes âgées (diminution - au moins - de 8 à 15 % en moyenne). En bref, leurs réponses à des tâches difficiles ou complexes sont d'autant moins bonnes que la glycémie est plus défavorable. Une ration de glucides en cours de journée améliore leurs performances mentales (alors que, preuve à contrario de l'effet positif de ces glucides, des édulcorants de type aspartame ou saccharine sont strictement sans effet).

    Les index glycémiques publiés

    Pour ce qui est du pain, l'index glycémique s'avère différent selon la variété choisie : dans les anciennes études, il pouvait être élevé quand il s'agissait de la baguette française, bas avec le pain complet. En fait, les index donnés dans les tables venaient de compilations de travaux réalisés dans des pays différents, les dosages étant effectués avec des techniques qui n'étaient pas normalisées.

    II était donc absolument fondamental d'effectuer, en France avec des pains français, afin de les resituer parmi les aliments, la détermination de leurs index glycémiques selon une méthode normalisée. Ce fut réalisé dans le laboratoire de renommée internationale du Pr Gérard SLAMA. C'est précisément ce travail qui nous est présenté par le Docteur Slawa RIZKALLA.

    www.diabete-abd.be

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  • Sucres simples, complexes, rapides, lents et fibres alimentaires...


    Une croyance erronée

    La séparation des glucides en sucres rapides et lents a pendant longtemps été estimée superposable à la classification basée sur leur structure chimique (sucres de structure simple / sucres de structure complexe), et à la classification basée sur l'existence ou non d'un goût sucré (goût sucré => sucre rapide / pas de goût sucré => sucre lent, parfois aussi appelé sucre caché).

    En fait, cette classification n'est que partiellement exacte, d'une part car certains sucres de structure simple font moins monter la glycémie que d'autres sucres simples, et d'autre part car l'organisme humain est capable de digérer très rapidement certains sucres de structure complexe avec pour conséquence une élévation très rapide de la glycémie.

    Par ailleurs, lorsqu'un sucre simple est avalé, son pouvoir hyperglycémiant dépend beaucoup du contexte dans lequel il est avalé : lorsqu'il est mangé seul la montée de la glycémie est importante, tandis que lorsqu'il est mangé dans un repas mixte et équilibré la montée de la glycémie est plus faible et plus lente.

    De plus, la présence de fibres alimentaires ralentit le passage, de l'intestin vers le sang, des sucres simples ou complexes présents dans les aliments.

    Sucres simples, complexes, rapides, lents et fibres alimentaires... il n'est sans doute pas inutile de resituer ces différents éléments les uns par rapport aux autres.


    Quelle est la structure des glucides ?

    Très schématiquement, la plupart les glucides sont constitués par des chaînes plus ou moins longues de particules élémentaires (structure de même type que le glycogène) et on peut les classer en sucres simples et sucres complexes selon le nombre de particules élémentaires qui les constituent (monosaccharide = une particule élémentaire, disaccharide = deux particules élémentaires, polysaccharide = plus de deux particules élémentaires).

      Type Exemples Sources
    Glucides
    simples
    Mono
    saccharides
    Glucose
    Fructose
    Galactose
    Mannose
    Fruits
    Lait
    Canne à sucre
    Betterave
    Houblon
    Di
    saccharides
    Saccharose
    Lactose
    Maltose
    Glucides
    complexes
    Poly
    saccharides
    assimilables
    Amidon
    (amylose et
    amylopectine)
    Pommes de terre
    Céréales
    Légumes secs
    Poly
    saccharides
    non assimilables
    Cellulose
    Hémicelluloses
    Pectines
    Mucilages
    Gommes
    Graines
    Légumes secs
    Légumes verts
    Fruits

    Les monosaccharides et les disaccharides constituent le groupe des sucres simples. Ils élèvent la glycémie très rapidement (sauf le fructose), et les sucres simples sont donc à classer dans le groupe des sucres rapides.

    Les polysaccharides assimilables sont des glucides que l'organisme humain est capable de digérer :
    • Certains d'entre eux sont digérés rapidement et ce sont donc des sucres complexes qui sont à classer dans le groupe des sucres rapides : pommes de terre, riz, semoule, ainsi que pâtes, pain, farine et autres dérivés.
    • D'autres sont digérés beaucoup plus lentement, et ce sont ces sucres complexes qui constituent le véritable groupe des sucres lents : fèves, flageolets, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, pois cassés, pois chiches.

    Les polysaccharides non assimilables, qui constituent le groupe des fibres alimentaires, sont des glucides particuliers que l'organisme humain n'est pratiquement pas capable de digérer, et qui ont des propriétés intéressantes :
    • Elles ralentissent la vidange de l'estomac et freinent les mouvements de la partie initiale de l'intestin, ce qui ralentit l'absorption des glucides assimilables.
    • Certaines fibres peuvent retenir jusqu'à cinq fois leur poids en eau. Il en résulte la formation d'un gel qui réduit l'absorption des glucides, et qui facilite le transit intestinal.
    • Elles se combinent dans l'intestin avec le cholestérol présent dans la bile, ce qui abaisse le cholestérol sanguin.
    • Elles n'apportent pas de calories.

    L'apport conseillé en fibres pour la population générale est de l'ordre de 25 g/24 h, mais il n'est plus atteint aujourd'hui dans notre alimentation occidentale, alors que c'était le cas il y a une centaine d'années. Les diabétiques ont donc tout intérêt à augmenter leur ration de fibres alimentaires, ne serait-ce que pour parvenir au niveau des apports recommandés aux personnes non diabétiques...


    Les fibres ne sont plus ce qu'elles étaient !

    Les fibres sont bien sûr toujours des glucides non assimilables, mais initialement le terme «fibres» désignait exclusivement les glucides des parois des végétaux, alors qu'il y a aussi des glucides non assimilables dans l'épaisseur de la plante, et aujourd'hui les fibres alimentaires sont définies comme étant les glucides qui ne sont pas digérés par l'intestin grêle et qui sont dégradés dans le côlon par la flore intestinale en donnant lieu à des fermentations.

    On est donc en quelque sorte passé d'une définition biochimique végétale (molécules constituant les parois des végétaux) à une définition physiologique humaine (molécules dont les glucides ne peuvent pas passer dans le sang). Et cette nouvelle définition a conduit à classer dans les fibres des molécules qui auparavant ne l'étaient pas : aux glucides des parois des végétaux qui sont de très longues chaînes de particules glucidiques élémentaires, sont venues s'ajouter des chaînes beaucoup moins longues, voire très courtes, dont les particules élémentaires qui les constituent ne peuvent pas passer dans le sang. Et le corollaire de cette nouvelle définition est que les teneurs en fibres des tables de composition des aliments récentes sont souvent différentes de celles qui figurent dans les tables établies il y a une vingtaine d'années.

    Ceci a par ailleurs conduit à créer la dénomination «fibres solubles» qui peut paraître bizarre au premier abord étant donné que le mot «fibre» sous-entend une certaine rigidité que le mot «soluble» semble venir contredire. Quoi qu'il en soit, les fibres sont des polysaccharides non assimilables dont certains sont des longues chaînes qui sont insolubles (les fibres d'antan) et d'autres des chaînes beaucoup plus courtes qui sont solubles (les molécules glucidiques non assimilables qui sont maintenant intégrées dans le groupe des fibres en raison de leur absence de passage dans le sang).

    Dans l'absolu, les fibres qui sont «un peu digestibles» peuvent susciter quelques interrogations car elles peuvent aboutir au passage dans le sang de quelques molécules de glucides, mais l'élévation glycémique liée à ces fibres «un peu digestibles» est faible ou insignifiante en raison de la présence des fibres totalement non digestibles, et c'est ce qui importe en cas de diabète.


    Où sont les fibres ?

    Les fibres sont présentes dans de nombreux aliments et plus particulièrement dans les légumes et les fruits, mais ce qui est plus particulièrement intéressant de connaître, ce sont les aliments qui contiennent beaucoup de fibres et peu de glucides et de lipides, car ce sont des aliments que l'on peut manger «en plus» de façon à atténuer l'élévation de la glycémie après repas ainsi que le niveau moyen de la cholestérolémie.

    L'artichaut cuit est le légume le plus riche en fibres (9,4 %) avec un contenu en glucides très faible (1,2 %). Il partage cette caractéristique avec le salsifis cuit (9,0/5,3). Ces données ainsi que celles qui suivent sont celles du Répertoire général des aliments de l'INRA.

    Les autres légumes dont la teneur en fibres est supérieure à 3 % sont le céleri rave cru (5,0/2,5), la girolle crue (4,7/0,2), le céleri rave cuit (4,1/2,9), le choux de Bruxelles cuit (4,0/3,0), le haricot vert surgelé cuit (4,0/3,0), le pissenlit cru (3,5/5,8), le fenouil cru (3,3/2,3), le haricot vert cuit (3,0/4,0) et l'épinard cuit (3,0/0,8).

    Le petit pois cuit (6,1/10,0), le topinambour cuit (5,1/9,8) et le maïs doux en épis cuit (4,2/22,1) contiennent également plus de 3 % de fibres mais ils n'ont pas la même utilisation étant donné qu'ils contiennent déjà une bonne part de la ration en glucides du repas.

    Quelques précisions supplémentaires à propos des fibres et des légumes :
    • L'effet favorable des fibres sur la glycémie postprandiale résulte essentiellement de la formation d'un gel en présence d'eau, qui entoure les aliments et qui ralentit le passage des glucides, des intestins vers le sang. Pour que l'effet soit optimal, il est donc nécessaire qu'un liquide soit avalé en même temps que les fibres. Ceci concerne surtout les aliments riches en fibres et pauvre en eau, et plus particulièrement les pains enrichis en fibres qui sont plus hyperglycémiants lorsqu'ils sont avalés sans liquide associé que lorsqu'ils sont avalés avec un liquide. L'effet favorable des fibres sur la glycémie postprandiale ne se résume cependant pas à cet effet de gel. Il y a aussi présence dans les aliments riches en fibres de substances qui amplifient la sécrétion insulinique induite par le repas, ce qui aboutit à réduire plus rapidement la production hépatique de glucose qui existe avant que le repas soit avalé, avec pour conséquence une glycémie postprandiale plus basse.
    • Les procédés de préparation qui brisent les fibres réduisent l'effet des fibres. Ceci concerne surtout les pains enrichis en fibres, qui s'ils sont grillés sont plus hyperglycémiants que lorsqu'ils ne le sont pas, ainsi que la cuisson des légumes avec un autocuiseur à la vapeur, le mixage et le passage au tamis.
    • Les légumes surgelés sont intéressants car les légumes sont précuits et ce procédé de conditionnement préserve les fibres et les vitamines. Pour continuer à préserver fibres et vitamines, le mieux est de les cuire au four à micro-ondes et de les incorporer ensuite au plat, plutôt que de les cuire à l'eau ou à l'autocuiseur.
    • L'expérience montre que, lorsqu'on n'en a pas l'habitude, il est assez difficile de manger une grosse portion de légumes chauds associée à la portion de féculents, mais que la prise d'une portion de crudités et d'une portion de légumes chauds dans un même repas est beaucoup mieux acceptée.
    • Le conseil de manger des légumes est souvent converti en l'ajout de salade aux féculents présents dans le menu, or les salades, hormis le pissenlit, contiennent assez peu de fibres : oseille crue (0,8/2,5) laitue crue (1,5/1,3) mâche crue (1,7/2,0) endive crue (2,5/0,7) cresson (2,6/0,3) pissenlit cru (3,5/5,8). De plus, de par la forme des feuilles, notamment pour la laitue, une grosse portion de salade a en fait un poids beaucoup plus faible que le laisse supposer le volume de la portion, et la quantité de fibres apportées est très faible par rapport à la présence dans le menu d'une portion de crudités et d'une portion de légumes chauds.


    On peut retenir

    La distinction sucres simples / sucres complexes fait référence à la structure chimique des glucides (nombre de particules élémentaires qui les constituent) et non à leur capacité de faire monter la glycémie.

    La distinction sucres rapides / sucres lents fait référence au pouvoir hyperglycémiant des glucides (capacité de passer rapidement de l'intestin vers le sang) et non à leur structure chimique.

    La croyance selon laquelle la durée de digestion des glucides était directement liée à la longueur de leur chaîne, est fausse. La distinction sucres rapides / sucres lents doit être basée sur le pouvoir hyperglycémiant, qu'exprime l'index glycémique.

    Les fibres alimentaires sont des substances particulièrement recommandées aux diabétiques, que ces fibres soient présentes dans des aliments contenant des glucides (légumes secs, fruits, légumes verts) ou en association avec des aliments contenant des glucides mais ne contenant pas ou très peu de fibres (ajout de crudités et de légumes chauds dans tous les repas).

    La digestion du pain et des dérivés de la farine, des féculents et des fruits est assez rapide.

    Il faut donc toujours les associer à des
     fibres (crudités et légumes chauds dans les repas)


    Les «sucres lents» sont constitués par les légumes secs : fèves, flageolets, lentilles, haricots rouges, haricots blancs, pois cassés, pois chiches.

     

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  • La relation soignant-soigné


    Relation «mère-enfant»

    Le modèle le plus intuitif de la relation «soignant-soigné» est une relation où le soignant est actif (il soigne) et le malade est passif (il est soigné).

    Cette relation, qui est spontanément mise en oeuvre par les deux parties en cas de maladie aiguë, comme une grippe par exemple, peut être comparée à la relation «mère-enfant» où la mère est active, directive et protectrice, et l'enfant est totalement dépendant ou soumis et obéissant.

    En ce qui concerne le diabète, ce mode de relation est légitime en cas de problème aigu, coma diabétique par exemple, mais il ne l'est pas en dehors des accidents aigus du diabète.

    En effet, le diabète est une maladie chronique qui nécessite, pour qu'elle soit correctement gérée, que le diabétique prenne lui-même 80 % des décisions concernant son traitement (alimentation, activité physique, maîtrise du poids, autosurveillance glycémique, adaptation des doses d'insuline, tabagisme...).

    C'est contraignant, mais personne ne peut faire ces choix pour lui plusieurs fois par jour.

    Par conséquent, une relation de type «mère-enfant» n'est pas la plus appropriée à la situation, même si, dans certains cas, le diabétique ou le soignant se trouvent bien dans ce type de relation :

    • le diabétique car cela lui permet d'être le moins concerné possible par le diabète,
    • le soignant car cela lui permet des entretiens de courte durée qu'il justifie à ses propres yeux par deux types d'arguments : «C'est trop compliqué pour être compris, et tout n'est pas explicable», «On peut dire ce que l'on veut, de toute façon il ne fera que ce qu'il veut».


    Relation «maître-élève»

    Fort heureusement, la quasi totalité des soignants sont conscients que la bonne santé du diabétique passe par un certain nombre de choses que le diabétique doit mettre en oeuvre lui-même, et que leur rôle est aussi de faire acquérir des connaissances au diabétique.

    Mais cette transmission des connaissances comporte un certain nombre de difficultés :

    • Tout comme le marin a un langage pour parler de son bateau et de la façon de le manoeuvrer, le soignant a un langage pour parler du diabète et de la façon de le gérer. Une plate-forme de vocabulaire se met assez rapidement en place, mais l'utilisation de ce vocabulaire par le diabétique ne signifie pas obligatoirement qu'il maîtrise les mots et les raisonnements auxquels ce vocabulaire se réfère.
    • Le soignant, dont le temps est toujours trop limité, en arrive souvent à réorienter la conversation vers ce qu'il pense le plus utile, c'est-à-dire l'aspect technique du diabète (glycémies, doses d'insuline...), surtout s'il ne lui est pas facile de parler avec le diabétique de sa détresse d'être devenu diabétique. L'aspect technique du diabète peut même être un refuge du soignant (où il n'y a pas d'états d'âme) face au vécu exprimé du diabétique (où il peut être fortement question d'états d'âme). D'autre part, le soignant sait qu'il n'a pas de réponse satisfaisante à fournir au diabétique face à ses interrogations sur «le pourquoi» de son diabète.
    • Comme chez tout individu, la relation inconsciente existant entre «le savoir» et «le pouvoir» peut être forte chez le soignant, ce qui peut l'amener inconsciemment à limiter la transmission de son savoir afin de ne pas perdre une part de son pouvoir, ou tout au moins de l'auréole qu'il pense avoir ou devoir porter. Pour ne pas avoir le sentiment de déchoir aux yeux du diabétique, le soignant peut aussi éluder les questions dont les réponses sont complexes ou impossibles à fournir.


    Relation «adulte-adulte»

    Par souci d'efficacité, par manque de temps, mais aussi parce que la transmission de connaissances fait spontanément référence au modèle scolaire, la relation «soignant-diabétique» est souvent une relation de type «maître-élève» : le soignant ayant pour rôle de dire ce qu'il faut faire, et le diabétique ayant pour rôle de mettre en oeuvre, du mieux qu'il le peut, ce qui lui est dit.

    Mais, ce schéma ne peut pas fonctionner de façon satisfaisante si le vécu du diabétique n'est pas pris en compte par le soignant. En effet :

    • Dans toute maladie chronique, il y a une dimension biologique et anatomique (le diabète et ses conséquences physiques) mais aussi une dimension psychologique et sociale (le vécu du diabétique qui n'a strictement rien fait pour en arriver là), et si le soignant est principalement celui qui sait, le diabétique est avant tout celui qui ressent. Or ce que le soignant envisage spontanément de dire au diabétique comme devant être mis en oeuvre parce que «bon pour lui» correspond la plupart du temps à ce qui pourrait être dit à un «individu virtuel» sans émotions, sans craintes, sans angoisses, sans désirs personnels, de préférence attentif, discipliné, intelligent pour comprendre tout et tout de suite, obéissant, et idéalement toujours souriant et de bonne humeur.
    • Le vécu de l'apparition d'un diabète de type 1 est un vécu de catastrophe avec sentiment d'infériorité et de dépendance par rapport aux autres, et altération de l'image de soi qui doit être progressivement restructurée. Il en est de même chez le diabétique de type 2 lorsque l'insuline devient nécessaire pour contrôler ses glycémies de façon satisfaisante. Or l'«individu virtuel», auquel se réfère la démarche intellectuelle des soignants, est supposé en phase de réflexion avec retour sur soi ou d'acceptation active, ce qui est loin d'être toujours le cas. Par conséquent, les informations données peuvent parfaitement n'être pas reçues et intégrées par le diabétique, même si celui-ci a de très bonnes capacités de compréhension. Les informations données peuvent ne pas avoir d'impact, ou même avoir un impact défavorable, parce que données à quelqu'un n'étant pas en situation de les recevoir.
    • A défaut de prise en compte de son vécu, le diabétique en arrive à avoir le sentiment de devoir vivre sous le regard dirigiste du soignant, de n'exister qu'au travers les glycémies ou les complications présentes ou à venir, et de n'être pas lui-même aux yeux du soignant, ce qui rend les contraintes du traitement et l'incertitude de l'avenir encore plus difficiles à vivre.
    • De plus, parce qu'il veut faire passer un message et obtenir un comportement de la part du diabétique, le soignant peut avoir inconsciemment des attitudes d'autoritarisme, d'interdiction, voire de répression ou de chantage, ce qui est de nature à favoriser la dépendance, la résignation ou la régression, plutôt que l'autonomie du diabétique, avec pour conséquence une attitude passive conduisant à un mauvais contrôle glycémique favorisant les complications.

    La prise en compte, par le soignant, du vécu du diabétique est donc essentielle pour que le diabétique puisse se mobiliser, s'autonomiser, devenir actif et se soigner efficacement, et que la relation «soignant-soigné» évolue en relation «adulte-adulte», d'accompagnement, où chaque partenaire a un rôle actif, mais pas interchangeable. Et tout comme le diabétique doit essayer de se mettre à la place du soignant, le soignant doit essayer de se mettre à la place du diabétique.

    Cette prise en compte est essentielle, tant au stade initial de l'apprentissage du diabète, qu'ultérieurement, tant l'usure du temps et la banalisation des gestes sont sources d'oubli ou d'imprécision.

    Enfin, bien que l'éducation optimale passe par une relation «adulte-adulte», il peut être nécessaire en certaines occasions que le soignant soit momentanément «parent» face à une situation aiguë, mais aussi qu'il ait la compréhension de devoir être momentanément «enfant» face à une situation de blocage psychologique.

    Il appartient aux deux partenaires de faire évoluer la relation initiale de type «parent-enfant» en
    une relation «maître-élève» puis
     «adulte-adulte»


    Quel est le soignant idéal ?

    Le soignant idéal serait bien évidemment celui dont l'intervention permettrait de guérir définitivement le diabète, voire d'éviter qu'il apparaisse. Malheureusement, en l'état actuel de la médecine, on ne peut pas faire disparaître un diabète, et le soignant ne peut qu'aider le diabétique à préserver son capital santé et à vivre au mieux.

    Il y a en fait deux étapes dans l'évolution des besoins du diabétique :
    • Au début, il s'agit de comprendre ce qu'est le diabète, de le démystifier, et d'apprendre à le gérer, dans un contexte psychologique où se succèdent et s'interpénètrent dénégation, révolte, marchandage, réflexion avec retour sur soi, puis acceptation active.
    • Ultérieurement, la nécessité d'un bon contrôle glycémique est une évidence, l'aspect technique du diabète est assimilé, et ce qui est le plus utile au diabétique venant du soignant est son écoute, sa compréhension et son énergie.

    Ecoute

    La nécessité de faire preuve de psychologie et d'une écoute du diabétique sont une évidence pour le soignant à la suite de l'annonce du diabète. Par contre, ultérieurement, lorsque l'aspect technique du diabète prend le dessus, le soignant est plus volontiers à l'écoute des questions techniques du diabétique, et l'écoute sur le vécu du diabétique est souvent laissée de côté, soit parce que le soignant ne voit pas en quoi sa prise en compte serait de nature à favoriser un meilleur contrôle métabolique, soit parce que le soignant estime que le vécu psychologique du diabète est un problème résolu si le diabétique n'en parle pas spontanément.

    Quant au diabétique, bien souvent il n'ose pas en parler, soit parce qu'il a classé le soignant dans la catégorie «personne qui s'occupe des glycémies», soit parce qu'il estime qu'en parler ne servirait à rien, voire parce qu'il est un peu honteux d'avoir des états d'âme.

    Compréhension

    La compréhension est utile au soignant car, en s'intéressant en détail au vécu et aux conditions de vie du diabétique, il peut faire les propositions les plus adaptées à chaque situation.

    Mais elle est également très importante pour le diabétique, car s'il ressent cette compréhension, cela l'incitera à s'impliquer activement dans la proposition faite par le soignant.

    Energie

    Le soignant étant principalement celui qui sait et le diabétique étant avant tout celui qui ressent, la relation soignant-soigné est finalement une prise de décision en commun, de compromis entre ce qui serait idéal et ce qui est possible.

    Il y a d'un côté un message que le soignant souhaite faire passer, et de l'autre un vécu dont le diabétique souhaite qu'il soit pris en compte. Cela suppose des allers-retours, et une motivation de part et d'autre, pour que des décisions acceptables par les deux parties puissent être prises.

    Cependant, pour que des attitudes constructives puissent se mettre en place, il faut que quelqu'un en ait l'initiative. Cela peut être le soignant, cela peut aussi être le diabétique, mais étant donné la différence de vécu du diabète par le soignant et par le diabétique, il est essentiel que le soignant face preuve d'énergie lorsqu'elle fait défaut chez le diabétique.

    L'énergie mise en oeuvre par le soignant, son dynamisme, sont alors en mesure de favoriser des rencontres stimulantes qui incitent le soignant et le soigné à mettre en oeuvre le meilleur d'eux-mêmes.

    L'écoute, la compréhension et l'énergie sont aussi nécessaires que les compétences techniques


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  • Les produits allégés : qu'en penser ?


    Le marché regorge de produits «légers», «allégés», «light» et il en apparaît de nouveaux chaque mois. Les différentes marques de produits rivalisent d'ingéniosité et d'imagination, et cette tendance est largement cautionnée par la publicité. On cherche à nous persuader que «léger» rime forcément avec «maigrir». Il serait bon de savoir ce que chaque terme signifie et en particulier la mention «allégé».

    Parmi toute cette diversité de formes et d'emballage, on compte en fait trois grandes catégories de produits. Ceux dont on a diminué ou supprimé les graisses, ceux dont on a remplacé le sucre par des édulcorants ou d'autres substances, et enfin ceux dont on a diminué ou enlevé l'alcool. Tous ont pour objectif de réduire l'apport énergétique.

    Nous n'envisagerons ici que la catégorie des produits allégés en matières grasses.

    Devant le nombre croissant de produits apparus sur le marché, le législateur s'est vu dans l'obligation de réglementer la fabrication de ces produits et les dénominations de ces produits.

    Par ailleurs, il est intéressant de comparer les produits allégés en matières grasses, avec les produits équivalents de consommation courante, tant sur le plan de la composition, qu'en ce qui concerne leur coût.


    Définition du terme «allégé»

    • D'après un avis du Conseil national de la consommation (CNC) la dénomination «allégé» (en matière grasse ou en sucre) est un adjectif réservé à une «denrée destinée à une alimentation courante», donc «sans indication relative au régime ou à l'amaigrissement» sur l'emballage.

    L'allégement ne doit pas changer la nature fondamentale du produit (par exemple, le beurre allégé doit ressembler à du beurre et avoir le goût du beurre), mais l'allégement doit rester significatif. Les mentions «allégé en matière grasse» ou «allégé en sucre» doivent figurer avec la proportion de l'allégement (par exemple, «allégé de 25 % de MG»).

    Le qualificatif «allégé» ne peut être autorisé que par rapport à un produit déjà existant et défini par la réglementation (comme le fromage) ou par un usage (comme les rillettes).

    La mention sur l'emballage de la valeur calorique globale de l'aliment allégé et celle de l'aliment courant correspondant, n'est malheureusement pas obligatoire, alors que ce serait fort utile pour le consommateur.

    • Si un produit ne répond pas aux critères ci-dessus, le terme «allégé» ne peut pas être utilisé, mais les fabricants utilisent alors d'autres qualificatifs, tels que «léger» ou «basses calories», qui n'ont pas de définition légale, et ces qualificatifs peuvent être utilisés librement, voire à tort et à travers.

    • Cependant, la mention «allégé» sur un produit ne signifie pas qu'il soit moins calorique qu'un produit portant la mention «léger». En effet, s'il n'existe pas de produit de référence par rapport auquel pourrait être fabriqué un produit allégé, la mention «allégé» ne peut pas être utilisée. Ainsi, par exemple, les plats cuisinés de Findus de moins de 300 calories sont des premières créations originales et ne peuvent donc prétendre qu'au qualificatif de «léger», tandis que les chips dont on a enlevé 25 % de MG peuvent porter la mention «allégé» bien qu'elles soient nettement plus caloriques que les plats cuisinés de Findus.

    • Il faut donc que le consommateur se montre vigilant en lisant attentivement les étiquetages (lipides, glucides, calories pour 100 g) même si le produit porte la mention «allégé».


    Comment fait-on de l'allégé ?

    Qu'ajoute-t-on «en plus» pour qu'il puisse y avoir quelque chose «en moins» ?

    Pour alléger en matière grasse, plusieurs moyens peuvent être utilisés :

    • On peut jouer sur la matière première, en utilisant du lait écrémé (dans les yaourts) ou en augmentant le pourcentage de viande par rapport à celui du gras (dans les saucisses). Mais comme la saveur et le moelleux d'un aliment sont liés au gras, ce procédé trouve assez vite ses limites.
    • On peut remplacer une partie du gras par des amidons, des fibres ou des protéines végétales. C'est une méthode assez répandue en charcuterie : on allège le pâté en y intégrant du tapioca par exemple (il faut donc souligner qu'un produit ainsi allégé contient moins de graisses, mais peut contenir plus de glucides...).
    • Les plats cuisinés sont élaborés à partir de viandes peu grasses (volailles sans la peau) ou de poissons maigres, accompagnés d'une garniture peu calorique comme les légumes verts. Le tout nappé d'une sauce peu ou pas grasse.
    • On peut ajouter de l'eau pour alléger le beurre et la margarine. Un beurre normal (82 % de MG) est une émulsion d'eau et de gras d'origine animale ou végétale. Toute la difficulté technologique est de parvenir à augmenter la proportion d'eau en gardant une consistance homogène à l'ensemble. Les beurres situés entre 41 et 65 % de MG sont les beurres allégés, leur cuisson est encore possible. Par contre, entre 20 et 41 % de MG leur cuisson n'est plus possible et on parle alors de «spécialités laitières à tartiner», ou de «pâte à tartiner» lorsque les matières grasses sont d'origine végétale.
    • On peut également alléger en ajoutant de l'air. C'est ce qu'on appelle le foisonnement. En charcuterie, pour alléger les mousses de foie, on injecte de l'azote (gaz qui compose les 4/5 de notre atmosphère) qui a l'avantage de ne pas oxyder la viande. Pour foisonner les glaces ou les mousses au chocolat, le gaz utilisé est simplement de l'air.
    • Rien n'empêche de combiner les allégements. Par exemple, un charcutier peut sélectionner des viandes maigres, incorporer de l'amidon, et foisonner légèrement pour obtenir une mousse de foie plus légère.

    Les moyens pour alléger en graisses sont donc variés et nous avons vu que la conséquence peut parfois en être une augmentation de la teneur en glucides. Inversement, il faut relever que l'allégement en sucre peut se faire en ajoutant du gras ! Ainsi, certains chocolats à teneur réduite en glucides sont sucrés avec des polyols et enrichis en fibres ou en graisses. Les chocolats ainsi allégés en sucre apportent en fait une teneur en calories équivalente à celle du chocolat normal. Ils n'ont donc aucun effet sur l'obésité. Pire encore, ils enrichissent l'alimentation en matière grasse, et même pour les diabétiques leur intérêt est discutable.


    Les différentes catégories de produits

    Beurres et margarines

    Les décrets de décembre 88 ont apporté des modifications importantes à la réglementation des corps gras (beurres et margarines), et ont autorisé la fabrication et la commercialisation de produits nouveaux.

    Ces produits peuvent être classés selon leur proportion en matière première d'origine laitière, et leur proportion en matière grasse :

    % MG
    totale

    % MG d'origine laitière

    100 %

    > 10 %

    0 %

    100 %
     
      
    82
     %

      
      
      
    Beurre

     

      
      
      
    Margarine

     
     
     
    65
     %

     

     

     

     
     
     
    41
     %

    Beurre
    allégé
     
    Demi-beurre

    Matières
    grasses
    composées
    allégées

    Margarine
    allégée
     
    Minarine

     
     
     
    20
     %

    Spécialité
    laitière
    à tartiner
    allégée

    Pâte à tartiner allégée
     
    Pâte à tartiner
    à teneur lipidique réduite

     
     
     
     0
     %

     
     
     
     

    Ils peuvent contenir soit de la matière grasse d'origine uniquement laitière (beurre), soit un mélange de matière grasse d'origine laitière et d'autres origines, végétale par exemple (matières grasses composées), soit moins de 10 % de matière grasse d'origine laitière (margarine).

    Ce sont soit des produits classiques à 82 % de matière grasse (750 Cal/100 g), soit des produits allégés contenant 41 à 65 % de matière grasse (370 à 600 Cal/100 g), soit des produits à teneur réduite en lipides contenant 20 à 40 % de matière grasse (200 à 400 Cal/100 g). Les produits à moins de 41 % de MG ne peuvent pas être utilisés en cuisson. Ils doivent être uniquement utilisés tartinés ou fondus.

    La législation définit les additifs autorisés dans ces produits, en particulier des épaississants et des gélifiants, pour ceux dont la proportion d'eau constitue plus de 50 % du produit.

    Beurre courant
    Beurre allégé

    82 %
    41 %

    Margarine au tournesol
    Margarine allégée

    82 %
    60 %

    Pâte à tartiner allégée
    Pâte à tartiner à teneur réduite en lipides

    40 %
    27 %


    Produits courants et allégés de même marque

    Mayonnaises

    • La mayonnaise traditionnelle est définie par le code de fabrication professionnel comme une émulsion essentiellement constituée d'huile végétale (77 % au minimum), de vinaigre de fermentation à 6° et de jaune d'oeuf. Elle apporte environ 720 Cal/100 g.
    • Les mayonnaises allégées apportent en moyenne 40 % d'huile végétale et 400 Cal/100 g, soit presque moitié moins que la mayonnaise traditionnelle. Elles sont en général à base d'huile de tournesol.

    Mayonnaise courante (740 Cal/100 g)
    Mayonnaise allégée (423 Cal/100 g)

    78 %
    40 %


    Produits courants et allégés de même marque


    Vinaigrettes

    • Le code de fabrication définit la vinaigrette comme une sauce condimentaire à base d'huile(s) végétale(s) et de vinaigre de fermentation.
    • La vinaigrette courante a 75 % d'huile au minimum (au moins 680 Cal/100 g), la sauce vinaigrette contient 50 à 75 % d'huile (450 à 680 Cal/100 g), la vinaigrette allégée 25 à 50 % d'huile (225 à 450 Cal/100 g), et la vinaigrette à teneur réduite en lipides en contient 25 à 37,5 % (225 à 340 Cal/100 g) ce qui la classe dans les produits diététiques.
    • L'étiquetage des vinaigrettes allégées et des vinaigrettes à teneur réduite en lipides doit comporter le pourcentage d'huile incorporée, le pourcentage de réduction du constituant lipidique, ainsi que la valeur calorique du produit et celle du produit de référence (680 Cal/100 g). Par contre, ces mentions ne sont pas obligatoires pour les vinaigrettes qualifiées de «légères».
    • Il en existe de toutes sortes sur le marché avec des arômes très différents. La plupart sont à base d'huile de tournesol, mais certaines ne contiennent pas d'huile du tout.

    Crèmes fraîches

    • La crème fraîche vendue dans le commerce doit contenir au minimum 30 % de MG (habituellement de 30 à 46 %) et la crème allégée environ 15 %. Les crèmes légères contiennent entre 15 et 30 % de MG (160 à 300 Cal/100 g).
    • Le qualificatif «fraîche» signifie que ce sont des crèmes pasteurisées et conditionnées dans les vingt-quatre heures sur le lieu de production. Par contre, le terme «épaisse» ne correspond à aucune définition réglementaire.
    • Pour la crème allégée, comme pour les mayonnaises allégées, les fabricants ajoutent des gélifiants pour obtenir la même onctuosité que celle des produits correspondants non allégés.

    Crème fraîche épaisse
    Crème fraîche allégée

    30 %
    15 %


    Produits courants et allégés de même marque


    Fromages allégés

    • Les fromages allégés ont pendant longtemps fait «grise mine». Aujourd'hui, on trouve la plupart des fromages frais et crèmes de gruyère sous forme allégée. Leur dénomination est par ailleurs très évocatrice : «Sveltesse», «Sylphide», «Maigrignon», «Régiligne»...
    • Il faut savoir que le taux de matière grasse est toujours donné par rapport à la matière sèche, or la proportion en eau est très variable selon les fromages. Ceci fait qu'on ne peut pas en déduire quel est l'apport en calories pour 100 grammes. Il vaudrait mieux que l'apport calorique figure sur l'étiquetage mais cela n'est pas le cas pour plus de la moitié des fromages allégés. On peut néanmoins retenir que plus un produit est «humide» moins la quantité de graisses contenue est importante, ainsi 100 g de fromage blanc à 40 % de MG contiennent moins de graisses que 100 g de gruyère à 40 % de MG.
    • La réglementation définit les fromages allégés comme ayant 20 à 30 % de matière grasse. Selon la teneur en eau, l'apport calorique est habituellement compris entre 140 et 300 Cal/100 g. Au-dessous de 20 % de matière grasse, ces fromages sont appelés fromages «maigres», mais ils sont plus difficilement acceptés sur le plan gustatif.

    Camembert 45 %
    Camembert allégé

    45 %
    28 %

    Saint Moret
    Saint Moret allégé

    55 %
    25 %


    Produits courants et allégés de même marque


    Charcuterie

    • La charcuterie allégée contient théoriquement entre 25 et 40 % de matière grasse.
    • En fait, la plupart de ces denrées restent toujours assez riches en matière grasse, et parfois il existe des différences importantes entre le taux de matière grasse annoncé et celui vérifié après analyse. Par exemple : Saucisse d'Alsace fumée légère : taux annoncé 12 % de lipides ; taux réel : 23 % de lipides.
    • Le jambon DD (dégraissé, découenné) est constitué en moyenne de 2,5 à 3,5 % de matière grasse, et peut présenter un grand intérêt pour les amateurs de charcuterie soucieux de surveiller leur ligne en ayant du mal à se passer du goût des salaisons.


    Comparaison produits courants/produits allégés

    Il serait logique que moins un produit contient de matière première, moins son prix soit élevé. En fait, bien souvent le produit allégé est à peine moins cher que le produit homologue non allégé, et il est même parfois beaucoup plus cher.

    Ces différences de prix pourraient s'expliquer par un coût de fabrication plus élevé pour obtenir l'allégement, mais la mode actuelle pour les allégés (à grand renfort de publicité) intervient aussi dans le niveau des prix. Le fait que plus un produit allégé est récent sur le marché, plus il est cher par rapport au produit équivalent non allégé, plaide en ce sens.

    Cela se vérifie en particulier pour les margarines et les fromages. Par contre, les beurres allégés, crèmes fraîches allégées et mayonnaises allégées sont un peu moins chers que les denrées correspondantes non allégées, mais lorsqu'un produit allégé est moins cher il s'agit toujours d'une différence minime. Or il ne faut pas oublier que l'allégement de ces produits se fait en grande partie en augmentant la quantité d'eau, ce qui fait que le consommateur paie «l'eau» au prix de la matière grasse qui n'existe pas dans le produit.

    Il est également utile de faire une comparaison des valeurs caloriques, notamment pour certains aliments très gras où l'allégement enlève de la matière grasse, mais comme le produit était initialement très gras, le produit allégé ne peut pas être considéré comme un produit apportant peu de calories. En voici deux exemples :

    • 100 grammes de chips apportent en moyenne 550 à 600 calories, 30 à 35 grammes de graisse et 50 grammes de glucides ; 100 grammes de chips allégées contiennent 10 % de graisse en moins, soit 24 à 28 grammes de graisse, mais l'apport calorique est d'environ 500 Calories, ce qui reste très important. Autrement dit, la consommation de quelques chips allégées en supplément par rapport aux chips non allégées, conduit à un apport calorique identique, voire plus important si ces chips sont consommées sans limitation sous prétexte qu'ils sont allégés. Pour peu que les chips allégées soient plus chères que les chips classiques, le résultat est une alimentation plus chère, de produits allégés, conduisant à une plus grande facilité pour prendre des kilos supplémentaires !

    • Un autre produit en vogue sont les cacahuètes grillées à sec, dont la publicité pourrait faire penser qu'elles apportent moins de graisses et de calories que les cacahuètes classiques grillées dans un bain d'huile. En fait, en raison de la très forte proportion en matière grasse de la graine elle-même (50 %), l'apport extérieur pour le grillage (environ 2 %) est négligeable. De ce fait, l'apport calorique final est pratiquement le même (620 à 640 Cal/100 g). La différence entre ces deux produits réside donc dans leur goût et leur texture, mais certainement pas dans l'espoir de consommer moins de calories.


    Quelques repères pratiques

    • Pour ne pas se fier aux apparences, souvent trompeuses, il est nécessaire de prêter une attention particulière à l'étiquetage d'un produit pour connaître sa composition.

    • Si on choisit de consommer un produit allégé, il faut bien entendu l'inclure dans la ration de la journée puisque, même allégé, l'aliment apportera toujours des calories.

    • Parce qu'un produit est allégé, le diabétique pourrait être tenté de le consommer sans limites, ce qui serait mauvais pour sa santé et son équilibre glycémique.

    • Parfois, il arrive que la mention «allégé» qui figure sur l'étiquette du produit, incite à consommer ce produit qui ne l'était pas jusqu'à présent, ce qui fait que la ration calorique devient alors supérieure à ce qu'elle était avant de consommer des produits allégés. Ce problème est très fréquent, et concerne surtout les mayonnaises allégées, sauces béarnaises allégées, charcuteries allégées...


    Conclusion

    Actuellement, la ration alimentaire spontanée des Français comporte une quantité trop importante de lipides, entre 42 et 45 %, au détriment des glucides, surtout des féculents et plus particulièrement des légumes secs.

    De plus, il s'agit en grande partie de graisses d'origine animale dont on connait les effets nocifs sur la santé. A cet égard l'allégement en matière grasse semble donc être une excellente chose.

    Cependant, il faut faire preuve de discernement et ne pas remplacer systématiquement toutes les denrées par leurs équivalents allégés. En effet, l'engouement des industriels et des consommateurs pour ce type de produits tient beaucoup à la mode et à l'omniprésence de la minceur.

    Cet état d'esprit peut d'ailleurs pousser à l'excès dans les deux sens : soit au point d'arriver à une ration calorique insuffisante, soit à considérer ces produits comme pouvant être consommés sans limites.

    Enfin, le rapport qualité/prix de certains produits est tout à fait discutable, et on peut se demander s'il ne vaut mieux pas manger un peu de fromage de bonne qualité que peut-être un peu plus d'un autre, mais avec moins de plaisir.

     


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  • LES CONFITURES

    Parmi l’ensemble des garnitures sucrées appréciées sur la tartine, la confiture, tant industrielle que préparée « maison », occupe une place importante. La confiture a été introduite tardivement en Europe.  C’est au 13ème siècle que le terme français de « confi ture » voit le jour pour désigner des aliments cuits dans du miel ou du sucre. Le développement des confitures date du 19 siècle.

    Il est lié à la démocratisation de l’emploi du sucre, conséquence de la découverte et de l’implantation de la canne à sucre dans les Caraïbes et ensuite de l’extraction du sucre de la betterave en Europe.

    La confiture était dans le passé, le moyen privilégié pour conserver les fruits les plus fragiles tels que fraises, abricots, mûres…… Aujourd’hui, c’est une des garnitures traditionnelles du petit déjeuner. Il faut cependant souligner son faible intérêt nutritionnel : elle ne contient quasiment que des glucides issus des sucres des fruits et du sucre ajouté pour la préparer.

    De quoi se compose la confiture et comment la prépare-t-on ?

    Quelle que soit la méthode utilisée, le principe de préparation des confitures est identique.

    La gélification de la confiture a lieu grâce aux pectines* présentes dans les parois cellulaires des fruits. Dès le moment où les fruits sont cuits avec du sucre et des acides de fruits, les pectines sont libérées et forment un « gel » qui permet à la confiture de prendre la consistance voulue.

    Les acides des fruits jouent un rôle dans la couleur finale du produit. Ils transforment le sucre (saccharose) en « sucre inverti » (glucose et fructose), une forme sous laquelle le sucre ne cristallise pas trop rapidement lors de la conservation.

    Ce sucre ajouté, ainsi que les sucres apportés par les fruits, servent d’agents conservateurs. Cette concentration élevée en sucres et la faible teneur en eau, rendent impossible le développement des bactéries, (mais non celui des moisissures).

    De nombreuses variétés de fruits peuvent être utilisées pour faire de la confiture. Il n’est pas indispensable d’utiliser des fruits frais. Pour la préparation industrielle des confitures, on utilise le plus souvent des fruits surgelés ou de la pulpe de fruits.

    La préparation des confi tures est facile quand les fruits choisis ont naturellement une teneur élevée en pectines* (ex : pomme, groseille, rhubarbe…).

    Les fruits pauvres en pectines peuvent également donner un bon résultat si on leur ajoute une préparation à base de pectines (ex : Gelfi x 2 :1, Pec plus…) ou du sucre gélifiant (ex : Candico maxi fruit et/ou un acidifiant (jus de citron, acide citrique…)

    Grâce à cet apport de pectines et/ou d’acides alimentaires, le mélange fruits/sucre doit cuire beaucoup moins longtemps ; la saveur, le parfum et la couleur des fruits sont donc mieux préservés. Les confitures rouges peuvent être colorées naturellement par l’ajout de jus de cerises noires, de jus de betteraves rouges, de jus d’aronia (baies rouges astringentes) ou de jus d’acérola (variété de cerises).

    Que dit la législation ?

    La législation concernant les confitures, gelées et marmelades est harmonisée au niveau européen, donc transposée au niveau belge. L’étiquetage des produits est soumis à des règles précises. L’harmonisation précise les spécifications de chaque type de produit tels que confiture, confiture extra, gelée, gelée extra, marmelade.

    La directive définit les matières premières qui peuvent être utilisées dans la fabrication des produits concernés, ainsi que les teneurs en fruits, en sucres** et en additifs autorisés.

    Une confiture est un mélange de consistance gélifiée, composé de sucres et de pulpes et/ou de purée d’une ou plusieurs sortes de fruits.

    Une gelée est un mélange gélifié composé de sucres et de jus et/ou d’extraits aqueux d’une ou plusieurs sortes de fruits. Pour s’appeler « confiture », la préparation doit contenir au minimum 60% ou plus de matière sèche (tout sauf l’eau) et un minimum de 450g de fruits/kilo de produit fini.

    La confiture dite « extra » doit contenir plus de fruits que la confiture : cela correspond à un minimum de 500g de fruits pour 1 kilo de produit fini.

    Cependant, il faut savoir qu’une teneur en fruits de plus de 65% n’est pas synonyme de meilleure qualité ; en effet, plus de fruits signifie une plus grande concentration en eau à évaporer : cela allonge le temps de cuisson, ce qui altère le goût et la couleur du produit fini.

    Si le produit ne rentre pas dans ces critères, on parle de « confiture à valeur  énergétique réduite ou allégée ou de pâtes de fruits à tartiner ou fruit à tartiner ».

    Elles sont soit allégées en sucre (réduction de la quantité de sucre ajouté), soit sans aucune adjonction de sucre, soit édulcorées par un ou des édulcorants autorisés: il peut s’agir de fructose, de polyols comme le maltitol…, de l’acesulfame K, de l’aspartame, des cyclamates, de sucralose***…

    En tant que produit allégé, elles doivent afficher au minimum 30% de calories en moins que les confitures ordinaires. Une marmelade désigne une confiture à base d’agrumes, très épaisse dans laquelle les morceaux de fruits ne sont pas totalement pris en gelée (20% minimum de fruits).

    Bon à savoir :

    - Plus une confi ture est riche en fruits, moins elle contient de sucre ajouté.

    - La marmelade contient plus de sucre ajouté que la confiture car elle contient moins de fruits.

     

     Comment conserver la confiture en toute sécurité ?

    La confiture ordinaire se conserve aisément grâce à sa teneur élevée en sucres (sucre ajouté et sucres des fruits). De plus, la confiture industrielle est souvent pasteurisée ou stérilisée.

    La confiture « allégée », de par sa moindre teneur en sucres, se conserve moins bien (voir date de durabilité indiquée). Il faut impérativement la garder au réfrigérateur après l’ouverture du pot.

    De manière générale, la confiture doit se conserver dans un emplacement de stockage bien sec, sombre et frais. Un endroit humide favorise davantage l’apparition de moisissures. Exposée à la lumière, la confiture perd sa couleur et dans un environnement chaud, elle risque de se dessécher et même de fermenter.

    ** sucres : englobe divers types : le saccharose solide, liquide, le dextrose, le sirop de glucose/fructose etc…

    ***le sucralose est un édulcorant autorisé depuis AR 24-09-04 et qui n’apporte pas de calories

     

    L’avis de la diététicienne

    La confiture n’a pas un intérêt nutritionnel très particulier mais c’est un aliment « plaisir » apprécié par tous les belges en général. A ce titre, elle peut trouver sa place dans l’alimentation de la personne diabétique à condition de choisir de préférence des confitures industrielles « allégées » ou des confitures préparées « maison » en version allégée (voir recettes)  Il faut éviter les confitures au fructose. Le fructose est un sucre aussi riche en calories que le sucre ordinaire (4 kcal/g). De plus il favorise l’élévation du taux de certaines graisses dans le sang (hypertriglycéridémie). Il n’est donc pas recommandé en diabétologie.

    Il convient de ne pas consommer la confiture ou les pâtes de fruits à tartiner en garniture unique du pain : les associer au cours du même repas à une source de protéines tels que fromages, maquée, fromage blanc, jambon, œufs, lait, yaourt…aide à limiter le pic glycémique.

    En comparant une confiture aux fraises traditionnelle avec celle proposée par différentes marques présentes sur le marché, nous avons établi cette sélection non exhaustive, précisons-le.

    Pour rappel :

    Les polyols n’influencent quasiment pas la glycémie et ont l’avantage d’être moins caloriques : 1g de polyols=2.4kcal ; 1g de sucre= 4kcal enrichie en fibre végétale spéciale dénommée « dextrine de blé » qui n’influence quasiment pas la glycémie.

    Recette de la confiture allégée « maison »Avec le sucre « Candico maxi fruit »

    Cette recette permet de réaliser de bonnes confitures moins sucrées

    1) Peser 1,5kg de fruits, préalablement lavés, nettoyés et coupés en morceaux.

    2) Mélanger les fruits au contenu d’un paquet de sucre gélifiant « Candido maxi-fruit » (500g).

    3) Selon votre goût et le type de fruits, vous pouvez également ajouter le jus d’un ou deux citrons.

    4) Remplir la marmite à moitié, pour pouvoir remuer la préparation aisément et éviter qu’elle n’attache au fond.

    5) Porter à ébullition tout en remuant la masse à feu moyen et faire bouillir pendant 4 minutes. Le temps de cuisson débute au moment où toute la masse bout à gros bouillons.

    6) Remplir à ras bord les pots propres et ébouillantés et fermer immédiatement.

    NB : Pour réaliser une marmelade d’agrumes ou la cuisson de fruits plus durs (comme la rhubarbe), on peut laisser macérer les fruits toute une nuit à couvert avec le sucre afin qu’ils s’attendrissent.’édulcorant

     aspartame)

    Ingrédients :

    1kg de fraises

    1 sachet de Pec plus.

    25c à soupe d’édulcorant en poudre à base d’aspartame (50g) selon le goût

    1) Après avoir lavé les fraises et coupé les plus grosses, les placer dans une marmite.

    2) Incorporer lentement un sachet de Pec plus en mélangeant.

    3) Porter à ébullition. Laisser bouillir pendant 1 min, puis retirer du feu.

    4) Ecumer puis parsemer de 50g d’édulcorant en poudre

    5) Remuer le tout et verser chaude dans les pots propres et ébouillantés.

    Conseils : Pour bien réussir votre confiture, la réaliser de préférence par kilo de fruits à la fois. N’utiliser que des beaux fruits frais. Vérifier la cuisson en prélevant une petite cuillère de confiture que vous déposez sur une petite soucoupe afin de vous assurer qu’elle gélifie correctement

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  • Le Traitement parodontal: maîtrise d'une infection chronique

     

    Par Frédéric De Beule, Membre du Board de la SBP-BVP

     

    La parodontite chronique peut être décrite comme une infection chronique. Le traitement de cette maladie passe donc par une maîtrise de cette infection. Il faudra, pour ce faire, parvenir à maîtriser d'une part la quantité des bactéries et, d'autre part, d'en maîtriser l'agressivité.

    Par définition on ne guérit pas d'une maladie chronique, on se stabilise, on obtient une rémission. Cette stabilisation face à la maladie est recherchée par une stratégie de traitement spécifique: Passer d'un traitement initial suite à un bilan, le réévaluer et le corriger si nécessaire par des actions complémentaires pour placer le patient en situation de stabilisation par une maintenance régulière.

    Maîtrise de la quantité de bactéries.
    L'excès de bactéries est lié à une hygiène dentaire insuffisante et à la présence de tartre. Il suffirait donc de maîtriser ces deux paramètres pour parvenir à maîtriser la quantité des bactéries ce qui constituera déjà un énorme pas en avant.

    Maîtrise de l'agressivité des bactéries
    La présence d'une forte proportion de bactéries agressives est induite par la présence de poches parodontales; de zones de décollement de la gencive où ces bactéries prolifèrent plus facilement. Si donc, il était possible de recoller la gencive, il serait dès lors possible de maîtriser la proportion de bactéries agressives.

    Les moyens d'action
    Quatre moyens d'action peuvent être envisagés.

    Antibiotiques
    Dans un certain nombre de cas une antibiothérapie sera associée au traitement local. Le choix sera dicté par le caractère aigu ou spécifique de l'infection.

    Bains de bouche antiseptiques
    L'efficacité des bains de bouches antiseptiques dépendra avant tout du produit utilisé. Mais même pour les produits les plus efficaces (à base de chlorhexidine), cette efficacité sera limitée à la surface là où le brossage peut lui aussi être efficace. Des bains de bouche antiseptiques ne pourront donc pas venir à bout d'une parodontite, mais seront utilisés, en complément, par exemple, dans les cas où le brossage doit être suspendu.

    Amélioration de l'hygiène dentaire
    C'est en général le nettoyage interdentaire qui fait le plus défaut. Le nettoyage interdentaire doit être réalisé tous les jours avant le brossage proprement dit. Trois instruments sont à notre disposition.

    Restaurer l'étanchéité gingivale
    L'étanchéité gingivale est assurée par des fibrilles qui forment l'attache épithéliale. Ces petites fibres sont parmi les premiers éléments à être détruits en cas d'inflammation gingivale. Si par contre, il était possible de chasser de manière durable l'inflammation gingivale on peut espérer que ces fibrilles réapparaissent et que l'attache épithéliale se restaure.
    Dès lors, il suffirait de désinfecter de manière durable la portion de la racine où la gencive est décollée pour voir la gencive se réattacher.

    Désinfection mécanique
    La désinfection de cette portion de la racine peut être réalisée de manière mécanique en cherchant à rendre cette surface la plus lisse possible. En effet, le lissage d'une surface quelconque conduit à l'enlèvement d'une pellicule du matériau que l'on cherche à lisser. C'est l'ablation d'une pellicule de la surface radiculaire, associée à l'instrumentation de ces sites infectés qui provoquent une désinfection capable de susciter le réattachement gingival. Le traitement consiste donc en un détartrage de la portion de la racine où la gencive est décollée, suivi d'un lissage de cette portion. C'est cette étape qui est appelée le surfaçage radiculaire.

    Surfaçage radiculaire
    Ce travail est, le plus souvent, réalisé sous anesthésie locale et, dans la grande majorité des cas, par voie non-chirurgicale. Il existe, toutefois un certain nombre de lésions dont la profondeur ou surtout la complexité les rendent inaccessibles au traitement non-chirurgical. Dans ce cas un abord chirurgical, par élévation de lambeau, sera appliqué.
    Ce traitement de détartrage-surfaçage radiculaire est réalisé en 2 ou 4 séances. Les suites opératoires sont en général très acceptables.

    Suivi et réévaluation
    Après ce travail, un premier contrôle est réalisé. Lors de ce premier contrôle, environ 80% des sites traités doivent être résolus. Les 20 % restants doivent montrer un progrès et ce progrès peut encore se poursuivre au fil des 12 mois suivants. Pour promouvoir cette poursuite de la guérison et pour maintenir celle-ci lorsqu'elle est obtenue, le patient est enrôlé dans un protocole de soins parodontaux d'entretien appelé: "la maintenance parodontale".

    Maintenance parodontale
    Cette maintenance parodontale sera appliquée à une fréquence variable suivant, notamment, la qualité du contrôle de plaque assuré par le patient, son état de santé, le nombre et l'étendue des lésions résiduelles.

      

    Votre Santé

    Des évidences scientifiques suggèrent maintenant que la maladie parodontale puisse être un facteur de risque dans les maladies cardio-vasculaires ainsi que les maladies respiratoires. Les personnes souffrant de maladies parodontales sont à un plus grand risque de maladie cardiaque et ont deux fois le risque d'avoir une crise cardiaque mortelle que des personnes sans maladie parodontale.

     

    On croit que les bactéries qui causent la maladie parodontale peuvent causer de petits caillots de sang qui peuvent contribuer à obstruer les artères par l'accumulation des dépôts gras dans les artères de cœur.

    La maladie parodontale s'est maintenant avérée un facteur de risque pour avoir les bébés prématurés ou de petit poids à la naissance.

     

    Les mères avec la maladie parodontale peuvent courir un risque de une à sept fois plus grand d'avoir un bébé prématuré ou petit poids à la naissance.

     

    Le lien entre le diabète et les maladies parodontales a été reconnu depuis un certain temps. Les saignements de gencives, la perte d'os et une augmentation des profondeurs des poches autour des dents peuvent être un indicateur précoce du diabète.

    Les diabétiques sont plus susceptibles aux maladies parodontales et ont besoin souvent de plus de soins parodontaux que les patients non-diabétiques. L'activité des maladies parodontales est souvent liée au niveau de contrôle du sucre sanguin du patient diabétique.

     

    Il y a aussi un lien étroit entre le tabagisme et les maladies parodontales. Le tabagisme réduit l'approvisionnement de sang à l'os autour des dents. La chaleur et les toxines intenses relâchées lorsqu'une personne fume peuvent également affecter la composition bactérienne de la bouche et de la résistance immunitaire du corps aux bactéries parodontales. Le tabagisme réduit l'effet positif de la thérapie parodontale indépendamment du niveau de l'hygiène orale.

     

     

     http://www.parodontologie.be/page_patient_fr/patients_santé_fr.html

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  • Le Parodonte


    Par Frédéric De Beule, Membre du Board de la SBP-BVP


    La parodontologie et le parodonte

     


    La parodontologie est la spécialité de la médecine dentaire qui s'intéresse aux tissus de soutien
    des dents. Le nom donné à l'ensemble des tissus de soutien est le parodonte. Celui-ci est
    constitué de 4 éléments principaux à savoir : l'os alvéolaire, le ligament parodontal, le cément
     et la gencive. Le rôle de l'os alvéolaire est bien sûr de soutenir la dent. Le ligament parodontal
    assure la fixation de la racine de la dent au sein de cet os alvéolaire. Le cément permet l'ancrage
     de ce ligament à la surface de la racine. La gencive, quant à elle, assure la fonction de manchon
    ou de gaine plus ou moins étanche permettant de maintenir tous les autres éléments du parodonte
     à l'abri du milieu buccal.

    Les bactéries de la bouche
    La bouche, comme l'ensemble de notre tube digestif, contient un grand nombre et une grande variété
    de microbes. Parmi ceux-ci, les bactéries occupent une place prédominante. Certaines bactéries
     assument quelques services dans notre bouche. Elles ne sont donc
    pas totalement indésirables

    L'os qui soutient les dents est très sensible à l'infection
    Toutefois, le tissu osseux, qui assure le soutien des dents, est un tissu stérile qui ne peut que difficilement se défendre
    contre les microbes. Il est en effet presque impossible d'organiser efficacement un front de défense au sein de l'os; c'est
    un tissu dur, minéralisé au travers duquel le déplacement des globules blancs (nos cellules de défense) est bien difficile.
    En cas d'infection de l'os, il y a bien une solution, c'est de déminéraliser cet os, de le ramollir en quelque sorte et dans cet os déminéralisé il sera possible d'organiser un front de défense efficace. Si la réaction de défense se développant ainsi vient à
    bout de l'infection microbienne, la réaction s'arrêtera, l'os se reminéralisera et toute trace de cette infection disparaîtra.
    Mais dans le cas qui nous occupe, l'infection risque d'être permanente et l'os déminéralisé finira par être totalement détruit.
    Une perte osseuse évolutive pouvant mener à la perte des dents risque donc de se développer.

    Le défi gingival
    Il existe donc un véritable défi puisque à quelques millimètres de distance se retrouveront d'une part la
    bouche, c'est-à-dire une des cavités de notre corps qui est la plus envahie de bactéries et, d'autre part,
    l'os alvéolaire, le tissu de notre corps qui est un des plus sensible à l'infection.

    La Gingivite

    L'étanchéité gingivale: clef de la santé parodontale
    Le rôle de la gencive est donc d'établir une séparation, aussi étanche que possible, entre ces deux parties. Il est aisé de comprendre que la clef de la santé des tissus de soutien de nos dents va résider dans l'étanchéité de cette gencive. L'évaluation de la santé parodontale passe donc avant tout par une évaluation du maintien ou d'une perte de cette étanchéité. Cette évaluation est faite par sondage à l'aide d'une sonde parodontale.

     

    La gencive face aux bactéries
    Si donc cette gencive est conçue pour être placée au contact de toutes ces bactéries que nous avons en bouche, il va de soi qu'il y a intérêt à ne pas exagérer. Si l'hygiène dentaire est déficiente, si l'élimination de la plaque est insuffisante, il y aura un certain nombre de zones de notre bouche où cette gencive se trouvera au contact d'un excès de bactéries ce qui va l'irriter. Cette irritation fera naître au sein de la gencive, une réaction de défense menée par une catégorie de nos globules blancs. Ces globules blancs agissent comme un système de défense de première ligne.
    C'est donc essentiellement une réaction non spécifique. L'action défensive passe par une libération d'enzymes capables de disloquer les bactéries et cela de manière très efficace. Malheureusement, ces enzymes auront également un effet destructeur sur nos propres tissus de soutien. Le champ de bataille est donc lui aussi abîmé par cette lutte entre les bactéries et notre système de défense. Ceci mettra en péril l'étanchéité gingivale.

    Equilibre entre dégâts et réparations : gingivite chronique


    Heureusement, un système de réparation viendra compenser les dégâts occasionnés par notre système de défense et un équilibre s'installera ainsi entre les dégâts et les réparations. L'alternance de phases de dégradation et de réparation de la gencive est appelée chronicité; on parlera donc de gingivite chronique: une maladie indolore.
    Le signe typique de cette maladie est le saignement gingival. Ce signe ne sera pas, ou peu présent chez les fumeurs.

    Greffe Gingivale

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     

     

     

      Allongement coronaire

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Augmentation de crête

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


     

     

     

     

     

     Implants Dentaires

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     Comment passer le fil

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

       Comment brosser

     

     

                   

     

     

     

     

     

     

    http://www.parodontologie.be/page_patient_fr/patients_parodontite
    _fr.html

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Le diagnostic du diabète


    Les symptômes

    Le diabète entraîne une élévation de la glycémie, c'est-à-dire du taux de sucre dans le sang.

    Elle s'élève généralement brutalement (quelques jours ou semaines) lors de l'apparition d'un diabète de type 1 (DT1) et progressivement (plusieurs années) lors de l'apparition d'un diabète de type 2 (DT2).

    Lorsque la glycémie est franchement élevée, cela entraîne des urines abondantes, une soif, une fatigue... mais lorsqu'elle n'est pas franchement élevée il n'y a pas de fatigue, ni soif, ni urines abondantes.

    Cependant, toute élévation anormale de la glycémie abîme les artères et les nerfs, ce qui est à l'origine de la constitution de complications de façon progressive et sans symptômes.

    Le diabète est donc une affection particulièrement insidieuse et perverse car il peut ne pas y avoir de symptômes pendant de très nombreuses années, et lorsque les symptômes apparaissent ce sont ceux des complications.

    L'expression «Je n'ai pas de symptômes, donc je ne suis pas malade» est donc complètement fausse, mais l'expression «On peut parfaitement avoir du diabète depuis de nombreuses années sans le savoir» est parfaitement exacte, et faute d'un dépistage correct une complication est déjà présente au moment du diagnostic de diabète dans 10 à 30 % des cas selon les études.

    On peut parfaitement avoir du diabète depuis de nombreuses années sans le savoir


    Le dépistage

    Le diabète de type 1 ne pose pas de problème de dépistage car la glycémie s'élève de façon brutale et il y a des symptômes évidents.

    Ce n'est par contre pas le cas du diabète de type 2 où le diabète est souvent diagnostiqué avec beaucoup de retard en raison de l'absence de symptômes.

    On estime qu'actuellement il y a un délai moyen de sept années entre le moment où la glycémie pourrait permettre le diagnostic de diabète et le moment où le diabète est effectivement diagnostiqué.

    A défaut de dépistage systématique et répété dans toute la population, il apparaît logique de faire bénéficier d'un dépistage les individus les plus à risque :
    • familles où il y a des cas connus de diabète (près de 80 % des diabétiques de type 2 ont une hérédité diabétique connue ou méconnue),
    • homme ou femme, ayant un excès de poids, défini par un indice de masse corporelle supérieur à 25 (un peu plus de 50 % des hommes et 70 % des femmes ayant un diabète de type 2 ont un excès de poids),
    • femmes, et leurs apparentés génétiques, ayant eu transitoirement du diabète pendant une grossesse (diabète gestationnel), ou ayant donné naissance à des enfants de plus de 4 kg et/ou ayant des antécédents obstétricaux évocateurs d'une hérédité diabétique),
    • sujets de plus de 45 ans (la fréquence du diabète de type 2 augmente rapidement à partir de 45 ans pour culminer entre 55 et 75 ans).

    Le dépistage est basé sur la glycémie à jeun au laboratoire, sauf pendant la grossesse où un test particulier est nécessaire.

    Il n'y a pas de recommandations françaises sur les modalités de dépistage, mais aux Etats-Unis l'ADA (American Diabetes Association) recommande un dépistage tous les trois ans :
    • chez les personnes de 20 à 44 ans ayant un poids élevé et sédentaires,
    • chez les personnes de 45 à 64 ans ayant un poids élevé ou sédentaires,
    • chez les personnes de plus de 65 ans ayant un poids élevé, ou un parent de premier degré diabétique de type 2, ou chez les femmes ayant mis au monde un bébé de plus de 4 kg.
    Ces critères sélectionneraient 31 % de la population générale chez qui le dépistage aurait le plus de chances d'être positif, ce qui serait une grosse économie par rapport au dépistage systématique chez tous les individus, mais la sensibilité de ces critères ne serait que de 79 %, ce qui signifie que 21 % des diabétiques vrais échapperaient néanmoins au dépistage. Toutefois, les diabétiques qui ne sont pas obèses ni sédentaires ont probablement un risque cardiovasculaire moins important.


    A partir de quel niveau de glycémie y a-t-il un diabète ?

    Jusqu'en 1998

    Jusqu'en 1998, le diagnostic de diabète reposait sur un examen appelé hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) qui consistait à mesurer la glycémie à jeun, à faire avaler 75 grammes de glucose dans 250 à 300 ml d'eau, puis à mesurer la glycémie toutes les trente minutes pendant trois heures.

    Cependant, si la glycémie à jeun était déjà élevée, l'HGPO n'était pas nécessaire car le diabète pouvait alors être affirmé sur le simple résultat de la glycémie à jeun.

    Schématiquement, était considéré comme diabétique, tout sujet présentant à deux reprises :
    • une glycémie à jeun supérieure à 1,40 g/l (7,70 mmol/l),
    • ou une glycémie supérieure à 2 g/l (11 mmol/l) deux heures après prise orale de 75 g de glucose.

    Ces critères, datant de 1980, étaient basés :
    • sur le fait que la rétinopathie diabétique est une atteinte spécifique du diabète (c'est-à-dire qu'elle ne peut être observée qu'en cas de diabète) et que cette atteinte est la plus facile à affirmer précocement,
    • et sur la constatation que les personnes ayant une rétinopathie diabétique avaient tous une glycémie supérieure à 2 g/l deux heures après prise orale de 75 g de glucose.

    Cependant, comme un grand nombre des personnes ayant une glycémie supérieure à 2 g/l deux heures après prise orale de 75 g de glucose, avaient également une glycémie à jeun supérieure à 1,40 g/l, on pouvait se dispenser de l'HGPO si la glycémie à jeun était constatée supérieure à 1,40 g/l.

    Autrement dit :
    • si la glycémie à jeun était supérieure ou égale à 1,40 g/l, l'HGPO n'était pas nécessaire,
    • si la glycémie à jeun était comprise entre 1,10 et 1,40 g/l, l'HGPO était nécessaire.

    Mais dans les faits, l'HGPO n'a de loin pas été systématiquement pratiquée lorsque la glycémie à jeun était entre 1,10 et 1,40 g/l, ce qui a entraîné, d'une part le développement de complications macrovasculaires chez des patients non pris en charge faute d'avoir été authentifiés, et d'autre part un «glissement des habitudes» vers un seuil de 1,40 g/l comme définissant le diabète.

    Depuis 1998

    Les critères diagnostiques du diabète ont été modifiés en 1998. Ces nouveaux critères ont été proposés en juin 1997 par l'American Diabetic Association (ADA). Ils ont été adoptés en 1998 par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), puis en France par l'Association Française pour l'Etude du Diabète et des Maladies métaboliques (ALFEDIAM), et ont été retenus par l'Agence Nationale d'Accréditation et d'Evaluation en Santé (ANAES) en 1999.

    Diagnostic du diabète
     

    Est considéré comme diabétique, un sujet présentant à deux reprises :
      - une glycémie à jeun (après au moins 8 heures de jeûne) supérieure ou égale à 1,26 g/l (7,0 mmol/l)
      - ou une glycémie supérieure à 2 g/l (11 mmol/l) deux heures après une prise orale de 75 g de glucose.
     
    Est considéré comme normal, un sujet ayant une glycémie à jeun inférieure à 1,10 g/l (6,1 mmol/l).
     
    Sont considérés comme ayant une glycorégulation anormale :
      - les sujets ayant une hyperglycémie modérée à jeun : glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,10 g/l (6,1 mmol/l) et inférieure à 1,26 g/l (7,0 mmol/l)
      - les sujets ayant une intolérance au glucose : glycémie à jeun inférieure à 1,26 g/l (7,0 mmol/l) et glycémie supérieure ou égale à 1,40 g/l (7,6 mmol/l) et inférieure à 2 g/l (11,1 mmol/l) deux heures après une prise orale de 75 g de glucose.

     
    Dans un souci de rigueur scientifique, les différents experts ont donc distingué :
    • d'une part le diabète, au sens de maladie bien caractérisée pouvant entraîner des complications spécifiques résultant de l'atteinte des tout petits vaisseaux (atteintes des vaisseaux de la rétine et des vaisseaux qui font office de «filtre» dans les reins, atteintes que l'on appelle rétinopathie et néphropathie diabétiques),
    • et d'autre part l'hyperglycémie modérée à jeun, «non diabétique» au sens où cette situation n'entraîne pas les complications spécifiques du diabète, mais abîme les gros vaisseaux (coronaires, artères des membres inférieurs, artères du cerveau) au même titre que l'excès de graisses dans le sang, le tabagisme, l'hypertension, l'absence d'activité physique...

    La population des sujets ayant une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l n'est pas parfaitement concordante avec celle des sujets ayant une glycémie supérieure ou égale à 2,00 g/l deux heures après 75 g de glucose (la glycémie à jeun tendant à identifier des sujets plus jeunes et plus obèses) mais le seuil de 1,26 g/l a été retenu, d'une part pour des raisons économiques et pratiques par rapport à l'HGPO, et d'autre part car c'est le niveau de glycémie qui a la meilleure corrélation statistique (peu de faux positifs et de faux négatifs) avec la glycémie supérieure à 2 g/l deux heures après 75 g de glucose, qui a elle-même une excellente corrélation statistique avec les complications de microangiopathie qui font la spécificité de la maladie.

    Le seuil de 1,26 g/l n'est donc pas celui qui définit l'apparition de la majoration du risque d'atteinte des gros vaisseaux, et il correspond déjà au point de doublement du risque de mortalité coronarienne !

    Le seuil où commence la corrélation statistique avec l'apparition de la majoration du risque macrovasculaire est en effet de 1,10 g/l.

    Les «dégats glycémiques» commencent donc dès 1,10 g/l !

    Sur le plan pratique
     

    la «maladie diabète», c'est-à-dire le risque d'atteinte de la rétine et des reins, commence à 1,26 g/l (7,0 mmol/l)
    le «risque artériel majoré», c'est-à-dire le risque d'atteinte des artères du coeur, des jambes, du cou et du cerveau, commence à 1,10 g/l (6,1 mmol/l)
     

    La prise en charge doit donc
    commencer dès 1,10
     g/l (6,1 mmol/l)


     

    Comparaison anciens critères / nouveaux critères

    En première approche, les nouveaux critères paraissent avoir simplement abaissé de 1,40 g/l à 1,26 g/l le seuil de glycémie définissant le diabète, et dispensé de la réalisation de l'HGPO, ce qui est une excellente chose car l'HGPO préconisée par les anciens critères était en fait très peu réalisée lorsque la glycémie à jeun était inférieure à 1,40 g/l.

    Mais ce changement de critères a une signification beaucoup plus profonde.

    Il signifie clairement :
    • qu'avoir considéré que l'hyperglycémie n'est nocive qu'à partir de 1,40 g/l à jeun a été une erreur (dont des milliers de personnes ont payé le prix),
    • que le risque de devenir aveugle ou de ne pouvoir vivre qu'à l'aide du rein artificiel (dialyse) est bien réel dès que la glycémie à jeun est supérieure à 1,26 g/l,
    • et plus encore qu'une élévation même modérée, inférieure à 1,26 g/l, de la glycémie à jeun est suffisante pour majorer de façon nette le risque de mort d'origine artérielle, puisque le niveau de 1,26 g/l correspond au point de doublement du risque de mortalité coronarienne !

    Ceci est par ailleurs corroboré par des statistiques qui montrent que le risque vasculaire d'un diabète de type 2 est actuellement équivalent, par défaut de prise en charge correcte, au risque d'une personne non diabétique venant de faire un premier infarctus du myocarde.

    Autrement dit, bien que le diabète soit défini par une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/l, les «dégâts glycémiques» débutent à partir de 1,10 g/l, et le «petit diabète» n'existe pas, pas plus que le «prédiabète».

    Les «dégâts glycémiques» débutent
    à partir de 1,10
     g/l


    Le «petit diabète» n'existe pas

    Le «prédiabète» non
     plus


    La prise en charge doit commencer dès 1,10 g/l

     
    Et l'hémoglobine glycosylée (HbA1c) ?

    Le risque de complications étant proportionnel à l'hémoglobine glycosylée, et l'hémoglobine glycosylée mesurant bien mieux le degré de maîtrise du diabète que la glycémie à jeun, on peut se demander pourquoi l'hémoglobine glycosylée n'a pas été retenue comme critère diagnostique du diabète.

    Il y a plusieurs éléments de réponse à cette question :
    • Les méthodes de dosages de l'HbA1c n'étaient pas standardisées et toutes les méthodes de dosages n'avaient pas la même fiabilité lorsque les études révisant les critères de diabète ont été menées (la situation s'est améliorée depuis mais, contrairement au dosage de la glycémie, il n'y toujours pas une méthode de dosage universellement utilisée dans tous les laboratoires).
    • Les limites de la normale des différentes méthodes de dosages de l'HbA1c n'étaient pas identiques, ce qui rendait difficile l'énonciation d'un seuil universel, contrairement à ce que permet la glycémie à jeun.
    • Lorsqu'il y a un diabète avéré, la glycémie à jeun est élevée et souvent variable d'un jour à l'autre, alors qu'au début du diabète la glycémie à jeun n'est pas non plus strictement identique d'un jour à l'autre mais est nettement moins variable. Par conséquent, l'HbA1c n'est pas apparue plus intéressante que la glycémie à jeun pour le diagnostic de diabète.
    • Compte tenu des éléments précédents, «l'outil glycémie à jeun» est apparu certes imparfait, mais cependant plus fiable que «l'outil HbA1c» pour le diagnostic de diabète.
    • Et enfin, il était difficilement envisageable de recommander la réalisation d'un dosage plus coûteux que la glycémie à jeun pour intensifier des opérations de dépistage.

    Par contre, si on parvient un jour à amener la standardisation et la fiabilité du dosage de l'HbA1c au niveau de celui de la glycémie, et ceci avec un coût raisonnable par dosage, il est plausible que l'HbA1c sera alors préconisée comme critère diagnostique du risque artériel majoré et du diabète. Ceci permettrait notamment de ne pas méconnaître les personnes à prendre en charge parmi celles ayant une glycémie un peu inférieure à 1,10 g/l mais s'élevant de façon anormale après les repas, dont on peut penser que le nombre va augmenter parallèlement à la progression des habitudes alimentaires anarchiques et au développement de l'obésité dans la population.

    Diagnostic de diabète => Glycémie à jeun

    Degré de maîtrise du diabète => HbA1c à doser tous
     les trois mois


    Et la glycémie normale, c'est quoi ?

    Comme vous êtes perspicace ;-) vous n'aurez certainement pas manqué de remarquer qu'il y a un intervalle entre la définition de la glycémie normale à jeun entre 0,70 et 0,90 g/l en différents endroits de ce site, et le seuil de 1,10 g/l où commence le risque artériel majoré.

    L'intervalle 0,90 à 1,10 g/l correspondrait-il à des valeurs qui ne seraient pas à l'origine de complications, mais qui ne seraient cependant pas normales ? en contradiction avec les nouveaux critères diagnostiques de diabète !

    Ce paradoxe tient aux méthodes statistiques, et notamment d'échantillonnage.

    Si on étudie les adultes jeunes, non malades, non obèses, la glycémie à jeun est effectivement pratiquement toujours entre 0,70 et 0,90 g/l, mais la population générale n'est pas constituée d'adultes jeunes, non malades, non obèses, et la plage entre 0,90 et 1,10 g/l correspond aux patients «non jeune» ou «non sain» ou obèses, sans qu'il soit cependant possible d'authentifier que cette plage de glycémie augmente leur risque macrovasculaire.

    Par conséquent au niveau de la population générale, la glycémie à jeun dite «normale» sur le plan statistique est comprise entre 0,70 et 1,10 g/l, mais au niveau individuel une glycémie proche de 1,10 g/l ne peut pas être considérée comme normale chez un adule jeune sain non obèse, surtout s'il a des antécédents familiaux de diabète.

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  • Le Groupe des Personnes Diabétiques de Bruxelles
    vous informe que
    jeudi 17 avril 2008 à 14h30
    aura lieu une conférence sur la Parodontologie.
    animée par Michèle Transon Infirmière d'éducation en diabétologie

    à l'Association Belge du Diabète 

    Pl. Homère Goossens 1 – 1180 Bruxelles

    Tél. 02/374 31 95 – Fax : 02/374 81 74

    e-mail : abd.diabete@skynet.be

    site :

    www.diabete-abd.be

     




     

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  • Les Barres céréalières , qu'en pensez-vous ?

    Les barres céréalières sont composées d'association de céréales comme l'avoine, le blé, le mais, le riz etc.. de sucres, de fruits secs, de fruits lyophilisés (fraises, framboises, myrtilles, figues, noix de coco...) et / ou de chocolat.

    Elles se sont d'abord distinguées par un apport énergétique particulièrement élevé et des apports en minéraux et vitamines adéquats car elles visaient les sportifs et les adolescents.

    Depuis peu on voit leur formule changer du fait qu'elles sont recherchées par tout un chacun. Elles sont actuellement considérées par les consommateurs comme un encas pratique.

    D'un point de vue marketing on aborde le sujet en distinguant 2 catégories: d'une part les barres céréalières et d'autre part les barres chocolatées.

    Nous nous en tiendrons au marché des barres céréalières qui cela dit est très mouvant. On voit apparaître... et disparaître les produits au fil des mois.

    Conseiller les "bonnes barres" pour les personnes diabétiques exige un bon étiquetage nutritionnel.

    Or celui-ci fait souvent défaut soit il est totalement absent soit il est incomplet. La quantité de saccharose (sucre ordinaire) ainsi que celle des autres sucres simples n'est que rarement indiquée. De plus l'étiquette révèle une teneur en graisses trop importante pour un bon nombre de produits.

    Parmi les produits correctement étiquetés nous ne pouvons en retenir que quelques uns. En effet pour les barres céréalières comme pour les biscuits, nos critères nutritionnels sont un maximum de 17g de graisses ou lipides pour 100g de produit, un taux de sucres simples (saccharose ou sucre ordinaire, sucres de fruits, lactose, fructose et sirop de glucose/fructose) nécessairement inférieur (ou =) à la moitié des glucides totaux pour 100g. Plus la teneur en fibres est importante plus le produit est intéressant. Les barres céréalières sont +/- enrichies en certaines vitamines et certains minéraux.

     

    Elles sont emballées individuellement et leur poids varie de 20 à 35g pièce.

    L'avis de la diététicienne

    De toutes les barres céréalières , nous retiendrons les barres (d'un poids moyen de 25g) qui répondent à nos critères et qui très souvent sont peu grasses (voir tableau). La difficulté de sélection réside dans leur teneur en sucres simples.

    Dans le cadre d'une alimentation équilibrée

    nous conseillons de ne pas dépasser 1 barre par jour soit en dessert soit en collation accompagnée d'un verre de lait ou yaourt en sachant que les barres céréalières sont plus hyperglycémiantes ( = font augmenter votre glycémie) que les fruits.

    N'hésitez pas à vous contrôler pour vérifier l'effet de ces barres sur votre glycémie. Dans le cadre de la pratique d'un sport les barres peuvent également être consommées seules.

     

    Si la maîtrise de votre équilibre glycémique pose problème, parlez-en avec votre diététicien(ne).

    Les barres retenues sont classées par ordre croissant de leur apport en calories.

    Le conseil Diététique de l'ABD 01/01/2005

    http://www.diabete-abd.be/les%20barres%20cereales.htm
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  • DiabSurf, le diabète sur l'Internet



     

    La décompensation du diabète : l'acidocétose


    Mécanisme de l'acidocétose

    Lorsqu'il n'y a pas assez d'insuline, le sucre ne peut pas entrer correctement dans les cellules ce qui entraîne une hyperglycémie, et l'organisme utilise les graisses de réserve ce qui conduit à la production d'acétone.

    La glycémie s'élève de façon importante ce qui entraîne une élimination de sucre dans les urines dont le volume devient important (polyurie), avec pour conséquence une diminution de la quantité en eau et en sel de l'organisme (déshydratation) avec une soif et une baisse de la tension artérielle (hypotension).

    D'autre part, la production d'acétone en quantité importante s'accompagne de l'accumulation de déchets acides dans le sang (acidose), ce qui entraîne une fatigue physique et intellectuelle, une perte de l'appétit, puis des nausées et des vomissements.

    Si la situation n'est pas corrigée rapidement, cela peut aboutir à un coma avec une respiration rapide car les poumons essaient d'évacuer l'acidité présente dans le sang.

    Autrement dit, le diabète peut passer par plusieurs stades : glycémie normale, puis hyperglycémie sans cétose, puis hyperglycémie avec cétose mais sans acidose, puis hyperglycémie avec cétose et acidose.

    On parle de décompensation du diabète ou d'acidocétose mais le terme de cétoacidose serait plus approprié car il y a d'abord cétose (production d'acétone) et ensuite seulement acidose (production de déchets acides). On parle aussi parfois de coma cétosique ou de coma hyperglycémique, mais ce terme n'est pas très approprié car dans ce type de coma, l'hyperglycémie est associée à une cétose et à une acidose.

    Remarque : Contrairement au diabète insulinodépendant (DID, DT1) le diabétique non insulinodépendant (DNID, DT2) est plus rarement concerné par ce type de décompensation avec présence d'acétone, mais il peut décompenser son diabète sous forme de coma hyperosmolaire où la glycémie est très élevée, mais sans cétose.


    Symptômes

    Avant qu'il y ait décompensation, l'hyperglycémie sans acétonurie n'entraîne guère de symptômes hormis un volume urinaire plus important (polyurie) sans obligatoirement des mictions plus fréquentes, ainsi qu'une soif (polydipsie), et éventuellement une fatigabilité, notamment à l'effort, liée au fait qu'une partie de la ration alimentaire en glucides passe dans les urines et n'est donc pas utilisable par l'organisme qui se trouve alors en déficit énergétique. D'autre part, il faut souligner que bien souvent l'idée première du diabétique est qu'il urine beaucoup ou plus fréquemment parce qu'il a soif, alors qu'en fait c'est le volume urinaire plus important qui entraîne la déshydratation et la soif.

    Certains diabétiques pensent «ressentir» leur niveau d'hyperglycémie, mais ce n'est pas le niveau de glycémie qui est ressenti, mais les signes de déshydratation (bouche sèche avec parfois «goût métallique», picotements des paupières, fatigue, engourdissement ou crampes musculaires) qui sont reconnus avec plus ou moins d'acuité, et qui sont mis en relation avec des épisodes antérieurs similaires où la glycémie avait été constatée très élevée. D'autre part, le niveau d'hyperglycémie «ressenti» procède aussi d'une intégration plus ou moins consciente des événements récents (dernière glycémie réalisée, alimentation et activité physique depuis cette dernière glycémie, mictions abondantes ou fréquentes) qui amènent le diabétique à faire une projection de ce que doit probablement être la glycémie compte tenu de ces événements. Il ne s'agit donc pas d'un niveau d'hyperglycémie ressenti, mais d'une hypothèse de ce qu'elle pourrait être.

    Lorsque débute la décompensation, c'est-à-dire lorsqu'apparaît l'acétone dans les urines sans qu'il y ait déjà acidification du sang, les symptômes de déshydratation sont présents, la fatigabilité est un peu plus prononcée, et assez souvent apparaissent un manque d'appétit, des nausées ou un dégoût vis-à-vis de certaines odeurs ou aliments, ou même simplement à leur évocation. Il peut s'y ajouter un «embarras abdominal» mal définissable qui est parfois interprété comme une digestion difficile du dernier repas ou un début de gastroentérite.

    Mais surtout, la cause de la décompensation, lorsqu'il en existe une (fièvre, angine, bronchite, infection urinaire, abcès dentaire...), entraîne des symptômes qui peuvent prendre le devant de la scène.

    Lorsque la décompensation est installée, avec acidocétose, les nausées et vomissements sont très fréquents. Il existe une fatigue physique et intellectuelle qui s'accentue, parfois de la diarrhée et des crampes musculaires, puis il y a progressivement un coma calme avec respiration rapide.

    Ici également la cause de la décompensation peut avoir initialement plus d'expression que la décompensation du diabète, qui entraîne essentiellement un état de torpeur progressif dans un contexte de troubles digestifs.

    Il n'est d'ailleurs pas rare que le diabétique pense avoir une gastroentérite ou une «indigestion», alors qu'en fait il ne s'agit pas d'une gastroentérite qui décompense le diabète, mais une décompensation du diabète qui se manifeste par des symptômes digestifs. Et le problème est alors que bien souvent le diabétique ne mesure pas sa glycémie car il pense savoir ce qu'il a, ou pense à tort qu'elle ne peut pas être élevée car il ne mange pas ou peu, et ne fait pas son injection d'insuline car il n'a pas envie de manger en raison de ses troubles digestifs, ce qui contribue à accélérer la décompensation par suite du manque en insuline.

    Les troubles digestifs entraînent habituellement des douleurs abdominales mineures, mais chez l'enfant la décompensation du diabète, surtout s'il s'agit de l'apparition du diabète, peut entraîner des symptômes amenant à envisager le diagnostic d'appendicite aiguë dont le tableau clinique serait incomplet.


    Causes de l'acidocétose

    L'acidocétose peut être due à un manque d'insuline, par exemple quand on devient diabétique insulinodépendant, ou à une diminution des doses d'insuline, ou à un arrêt des injections.

    Mais cela peut également s'observer quand l'insuline que l'on s'injecte devient moins efficace par suite d'une infection (angine, bronchite, infection urinaire, abcès dentaire...) ou d'une agression physique ou psychique (traumatisme, accident, intervention chirurgicale, choc émotif, problèmes psychologiques, contrariétés...).

    Ce phénomène est appelé insulinorésistance, ce qui signifie que l'organisme est devenu transitoirement résistant à l'insuline, c'est-à-dire moins sensible à l'insuline, et qu'il faut plus d'insuline pour obtenir les effets que l'on obtenait auparavant avec sa dose habituelle d'insuline.


    Quand rechercher s'il y a de l'acétone ?

    • Dans les situations que l'on sait être cause d'insulinorésistance : fièvre, infection, agression physique ou psychique...
    • Lorsque la glycémie est supérieure à 3 g/l, même si on ne pense pas être en situation d'insulinorésistance.
    • En cas de symptômes tels que fatigue, soif, manque d'appétit, nausées, vomissements, troubles digestifs mal définis...

    Rechercher la présence d'acétone si :

    •  glycémie très élevée ou glycémies croissantes
    •  symptômes tels que fatigue, soif, manque d'appétit, nausées, vomissements...
    •  circonstances telles que fièvre, infection, traumatismes...


    Comment rechercher la présence d'acétone ?

    De préférence avec des bandelettes réactives à tremper dans l'urine, qui permettent la recherche simultanée de sucre et d'acétone (Kéto-Diabur Test 5000 ou Kéto-Diastix par exemple). En effet, la présence d'acétonurie avec glycosurie n'a pas du tout la même signification que la présence d'acétonurie sans glycosurie.


    Attention aux conditions de prélèvement

    Il n'est peut-être pas inutile de rappeler ici les conditions d'une analyse d'urine fiable :
    • Comme l'urine est émise par le rein en continu et est stockée dans la vessie, la composition de l'urine que l'on récupère dans un bocal est le témoin de ce qui s'est passé depuis la dernière fois que l'on a uriné.
    • Autrement dit, pour savoir qu'elle est la situation du moment, il faut tout d'abord uriner pour vider sa vessie, puis boire un peu d'eau, et ensuite seulement les urines que l'on recueillera dans un bocal pourront être le témoin de la situation du moment.


    Que faire s'il y a de l'acétone ?

    Schématiquement, deux cas peuvent se présenter :

    • Soit la glycémie n'est pas élevée, il n'y a pas de glycosurie, et l'acétonurie est inférieure ou égale à une croix : il s'agit d'une cétose de jeûne.

    Cette situation est le plus souvent rencontrée le matin à jeun ; il faut alors prendre une collation supplémentaire le soir au coucher, ou augmenter la ration en glucides des 24 heures.

    • Soit la glycémie est élevée, ainsi que la glycosurie, et l'acétonurie est franche (plus de deux croix) : il s'agit d'un début de décompensation que l'on appelle aussi parfois stade de «précoma».

    Il faut alors s'injecter un ou plusieurs petits suppléments d'insuline à action rapide et brève toutes les trois heures, augmenter les doses habituelles d'insuline, et continuer à s'alimenter sinon l'acétone ne pourra pas disparaître.

    Remarques :
    - Au besoin, si on n'a pas très faim, on peut avaler des glucides facilement digestibles : jus de fruits, compotes de pommes, confitures, glaces... afin de fournir l'apport de glucides qui permettra la disparition de l'acétone.
    - Même si on est dans l'impossibilité d'avaler quelque chose, il faut augmenter l'insuline si les glycémies sont élevées car «ce sont les glycémies qui commandent».


    Quand doit-on consulter son médecin ?

    Tout dépend de la connaissance et de la maîtrise que l'on a de son diabète.

    Si vous pouvez faire des glycémies au doigt toutes les trois heures, que vous comprenez ce qui se passe, que vous ne vomissez pas (ce point est très important) et que vous en avez déjà discuté avec votre médecin, vous pouvez faire des suppléments d'insuline à action rapide et brève pendant un jour ou deux, ainsi que majorer vos doses d'insuline retard, et veiller à continuer à vous alimenter sinon l'acétone ne pourra pas disparaître. Par ailleurs, même si vous avez déjà discuté de cette éventualité avec votre médecin, vous pouvez néanmoins lui téléphoner pour qu'il vous conseille sur la meilleure façon de faire face à la situation.

    Il faut absolument garder en mémoire :

    • Qu'il faut consulter rapidement votre médecin, si celui-ci n'a pas encore eu l'occasion de discuter en détail de ce problème avec vous.

    • Que si vous avez des vomissements, vous n'arriverez pas seul à redresser la situation car il faut des perfusions pour corriger la déshydratation et apporter le sucre et l'insuline nécessaires pour réorienter le fonctionnement du corps vers une utilisation du sucre au lieu des graisses de réserve => consultation indispensable en cas de vomissements ou de toute autre impossibilité de s'alimenter.

    • Qu'en cas de fièvre, il y a probablement une infection à l'origine de la décompensation, et il faut traiter cette infection pour que la situation puisse s'arranger => consultation indispensable en cas de fièvre.

    • Qu'en l'absence de fièvre, il peut néanmoins y avoir une cause de décompensation qu'il faut traiter pour que la situation puisse évoluer favorablement => consultation si la situation ne s'arrange pas rapidement.

    • Qu'il ne faut jamais arrêter l'insuline même si on ne mange pas.

    En effet, d'une part l'organisme a besoin d'insuline pour fonctionner correctement même si on ne mange pas (environ la moitié de la dose d'insuline quotidienne est nécessaire au fonctionnement du corps, et l'autre moitié est nécessaire pour la prise en charge des repas), et d'autre part lorsqu'il y a de l'acétone, le corps devient moins sensible à l'insuline (insulinorésistance).

    Par conséquent, il y a trois facteurs qui interviennent :
    - le fait que l'on ne mange pas (ce qui diminue les besoins en insuline),
    - le fait que le corps a besoin d'insuline même si on ne mange pas (ce qui placerait schématiquement les besoins en insuline à la moitié de la dose habituelle, s'il n'y avait pas de décompensation en cours),
    - et le fait que l'insuline soit moins efficace dans cette situation (ce qui augmente les besoins en insuline).

    Le résultat de ces trois facteurs, peut être soit la nécessité de diminuer les doses, soit de poursuivre les mêmes doses, soit bien souvent de les augmenter.

    On ne peut donc pas donner de règle générale autre que :
    - «ce sont les glycémies qui commandent»,
    - il faut «suivre les glycémies» et diminuer les doses d'insuline, ou plus souvent les augmenter, même si on ne mange pas.

    Ne jamais arrêter l'insuline, même si on ne mange pas, mais adapter les doses d'insuline selon les glycémies


    Selon les cas, il peut être nécessaire de diminuer les doses, ou de les augmenter.

    Ce sont les glycémies qui commandent et non ce que l'on avale.


    Consultation médicale indispensable :

    •  si vomissements ou autre impossibilité de s'alimenter
    •  si fièvre (car cause à traiter)
    •  si la situation ne s'arrange pas rapidement (car cause à traiter)


    Si la situation ne s'arrange pas

    Une hospitalisation peut être nécessaire, et la durée d'hospitalisation sera d'autant plus courte que le problème aura été pris en charge précocement (ceci sans parler de la gravité extrême des situations où le diabétique est hospitalisé très tardivement).

    Il vaut mieux être hospitalisé tôt et ne rester à l'hôpital qu'un jour ou deux

    que d'être hospitalisé tard, risquer des complications, et devoir rester plus longtemps à
     l'hôpital.


    Lorsque cela va mieux

    Lorsque le diabète est à nouveau bien contrôlé et que la cause de la décompensation a disparu, il ne faut pas oublier que l'insulinorésistance va régresser et qu'il faudra alors probablement progressivement revenir à des doses d'insuline voisines de celles qui étaient antérieurement utilisées.


    www.diabssurf.com
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  •  
      1. L'obésité, fléau du 3ème millénaire

    L'obésité correspond à une définition précise qui fait appel à un calcul prenant en compte la taille
    et le poids des individus. Ce calcul donne une valeur appelée BMI (Body Mass Index = Index de
     masse corporelle).
       
    BMI = Poids (en kg)
    ------------------------
    Taille² (en m²)

    Evaluation de l'obésité en fonction du BMI
    25 à 29.9 Excès pondéral
    > 30 Obésité
    30 à 34.9 Obésité modérée
    35 à 39.9 Obésité sévère
    > 40 Obésité morbide

    La fréquence de l'obésité dans la population est en constante augmentation
    depuis 20 ans ; elle a doublé entre 1977 et 1997.

    Prévalence de l'obésité chez l'homme en Belgique
      1977-1978 1981-1984 1994-1997
    BMI > 30 8% 12% 14%


    Aujourd'hui, il n'est pas rare que l'on trouve des chiffres de fréquence de l'obésité proches
    des 20% dans la population adulte des pays industrialisés dont la Belgique fait partie.

    Ce qui est inquiétant, c'est de voir à quelle vitesse l'obésité se développe aussi dans la
    population jeune, chez les enfants en particulier.


    2. L'obésité et son impact sur la santé
    3. L'obésité, une maladie économiquement préoccupante
    4. L'obésité: comment l'aborder
    5. L'obésité : il faut savoir s 'entourer
    6. L'obésité : la prise en charge doit être globale
    7. L'obésité : -10% de poids et les bénéfices sont évidents
    8. L'obésité: qu'est-ce que l'approche multifactorielle
    9. L'obésité : et l'approche
       
    http://www.gezondheidenpreventie.be/FR/obesity.htm
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  • J'ai oublié mon traitement que faire en pratique ?

     Dr P.SELVAIS - CH HORNU-FRAMERIES et HOPITAL ERASME

    Oublier son injection d'insuline ou son comprimé antidiabétique, qui ne l'a pas fait? Pourtant, les ouvrages de diabétologie sont étrangement silencieux à ce sujet. comment réagir dans cette circonstance imprévue mais anxiogène? D'abord, il faut se rendre compte que ce type d'oubli est presque inévitable et ne porte que rarement à conséquence aiguë.

     

    Pas de panique donc: nous avons le temps de réagir et surtout de réfléchir pour éviter d'augmenter encore le danger (par exemple, en optant pour un supplément inconsidéré d'insuline ou de comprimé). Mais bien entendu, ces oublis doivent rester l'exception, sinon le contrôle du diabète par le traitement se dégradera petit à petit

     

    Ce petit article a pour but de donner quelques conseils. Néanmoins, il est toujours avant tout et de loin préférable d'éviter d'oublier son traitement. Certaines stratégies peuvent nous y aider: instaurer un rituel, c'est-à-dire prendre le traitement chaque jour à la même heure de façon standardisée ou faire une marque sur son agenda ou son calendrier, pour les plus distraits, il est aussi pratique d'utiliser les montres ou les agendas électroniques avec alarme, pour nous rappeler qu'il est temps de penser à l'injection d'insuline par exemple.

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR COMPRIMÉS

     

    II faut ici distinguer le diabétique traité par comprimés insulino-sensibilisants (metformine ou glitazones) et par comprimés insulino-stimulants (sulfamidés, glinides).

    En effet les premiers causent peu de risque d'hypoglycémie et ont une action étale. Les seconds par contre agissent davantage 'sur le moment' et peuvent parfois entraîner des hypoglycémies en cas de surdosage.

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR COMPRIMÉS INSULINOSENSIBILISANTS

     

    II s'agit des traitements à la metformine (Metformax, Glucophage, Metformine, Metformiphar Docmetformi) ou au glitazones (Avandia, Actos). Ces médicaments réduisent la résistance à l'insuline.

    Ils ont la double particularité d'agir de manière prolongée et de ne pas causer à eux seuls d'hypoglycémies.

    En cas d'oubli ponctuel, ne pas s'inquiéter. Si l'oubli est constaté rapidement (avec 1 à 2 heures de retard), le comprimé peut être pris entre les repas.

    Si l'oubli est constaté plus tardivement, ne pas trop s'inquiéter et continuer la prise prévue au repas suivant.

    Il vaut mieux ne pas doubler la dose de metformine même en cas d'oubli car ce médicament provoque facilement nausées et diarrhées. L'oubli ponctuel d'un comprimé a peu d'importance car ces médications ont une action douce, progressive et surtout prolongée.

    II faut surtout essayer de ne pas multiplier trop les oublis, sinon on ne reçoit plus sa dose.

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR COMPRIMÉS INSULINOSECRÉTEURS

     

    II s'agit des traitements aux sulfamidés hypoglycémiants et aux glinides.

     

    Quelques exemples largement utilisés en Belgique : Glurénorm, Diamicron et Uni-diamicron, Gliclazide, Amarylle, Novonorm, Daonil, Euglucon, Minidiab, Beroven...

     

    Ce sont des médicaments qui stimulent la sécrétion d'insuline, et ils sont donc capables de causer des hypoglycémies s'ils ne sont pas pris au bon moment ou si on en augmente trop la dose.

     

    Il faut distinguer ceux de ces médicaments qui ont une action relativement courte (et se prennent généralement à tous les repas) et ceux qui ont une action prolongée sur 24 heures (l'Amarylle et l'Uni-diamicron).

     

    En règle générale, il est toujours préférable d'éviter de prendre les comprimés insu lino-sécréteurs à jeun ou d'augmenter la dose (car il y a alors un danger d'hypoglycémie).

     

    Pour ceux de ces médicaments qui ont une action courte et se prennent donc souvent à tous les repas, si on s'aperçoit de l'oubli en cours du repas ou immédiatement en fin de repas, le comprimé oublié peut être pris à ce moment.

     

    Si on s'aperçoit de l'oubli à plus d'une heure du repas, il vaut mieux ne pas prendre le comprimé oublié, et continuer le traitement comme prévu au repas suivant, en diminuant peut-être un peu l'apport calorique et en ayant une petite activité physique pour 'compenser' en brûlant un peu de sucre. Les choses vont rapidement rentrer dans l'ordre.

     

    Pour ceux de ces médicaments qui ont une action prolongée et se prennent en une fois par jour le matin (soit l'Amarylle et l'Uni-diamicron), la situation est un peu plus compliquée car un oubli le matin pourrait signifier se passer de médicament jusqu'au lendemain.

     

    Je propose si l'oubli des comprimés du matin est réalisé avant le midi de prendre deux tiers de la dose à midi, si l'oubli est réalisé avant le souper de prendre un tiers de la dose le soir. Le lendemain, poursuivre les doses habituelles.

     

    Si l'oubli de ces comprimés n'est réalisé que le lendemain matin, tant pis : poursuivre les doses habituelles sans les augmenter pour ne pas causer un surdosage temporaire (tout devrait rentrer dans l'ordre en 48 heures, faites peut-être un petit effort de régime), mais essayez surtout de prendre une routine qui évite les oublis!

     

    Pour les combinaisons d'un médicament insulinosecréteur et insulino sensibilisant, soit le Glucovance, réagir en fonction du composé insulino secréteur, c'est-à-dire plutôt abstention sauf si l'oubli est constaté rapidement.

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR INSULINE

     

    II faut ici aussi distinguer le diabétique, surtout de type 2, traité par une injection d'insuline en soirée ou par deux injections au déjeuner et au souper, et le diabétique, plus souvent de type 1, traité par un schéma à quatre ou cinq injections d'insuline combinant trois injections aux repas et 1 à 2 injections d'insuline lente.

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR UNE OU DEUX INJECTIONS D'INSULINE

    Ces diabètes sont souvent relativement stables, et un oubli ponctuel a généralement peu d'influence.

    Dans le cas du diabétique traité par une injection d'insuline, le plus souvent au coucher, il s'agit généralement d'un traitement combiné à des comprimés hypoglycémiants.

    Si l'oubli est constaté dans un délai d'une à deux heures, l'insuline oubliée peut être administrée de manière retardée.

    Si l'oubli est constaté plus tard (soit le plus souvent le lendemain matin) et qu'il s'agit d'une insuline classique (Insulatard, Humuline Long ou NPH, couvrant la nuit), il vaut sans doute mieux ne rien faire sinon être un peu plus attentif au régime du lendemain.

    Si l'oubli est constaté tard mais qu'il s'agit d'un analogue lent de l'insuline (Lantus, couvrant 24 heures), il serait sans doute dommage de se priver 24 heures de l'action de l'insuline: je propose de faire une demi-dose 'de raccord' le lendemain matin.

    Dans le cas du diabétique traité par deux injections d'insuline, il s'agit dans l'immense majorité des cas d'un mélange d'insulines rapide et lente couvrant une grosse demi-journée. Si l'oubli est constaté avec moins de deux heures de retard, je propose de faire la dose prévue réduite de 20% (pour éviter que la superposition avec la dose suivante n'induise des hypoglycémies au début de la période suivante).

     

    Si l'oubli est constaté avec 4 à 6 heures de retard (par exemple, le midi pour une injection qui aurait dû être réalisée au petit déjeuner), je propose soit si l'on dispose d'une insuline rapide de faire une dose de raccord de rapide (par exemple, la moitié de la dose du mélange prévue) soit si l'on ne dispose pas de rapide de faire une petite dose de raccord de mélange mais dans ce cas en réduisant davantage (par exemple, le tiers de la dose prévue) pour éviter toute hypoglycémie par superposition avec la dose suivante : une hyperglycémie transitoire modérée est acceptable s'il s'agit d'un oubli occasionnel... mieux vaut ne pas prendre le risque d'une hypoglycémie.

     

    Si l'oubli n'est constaté qu'au moment de l'injection suivante, je propose d'augmenter de 20% mais pas davantage : la cause de l'hyperglycémie est connue et ses effets vont disparaître progressivement !

     

    LE DIABÉTIQUE TRAITÉ PAR SCHÉMA BASAL-PRANDIAL (4 OU 5 INJECTIONS)

     

    Ce type de schéma est le plus souvent proposé à des diabétiques plus instables, soit plus souvent de type 1 ou post-pancréatite. Ces patients ont des glycémies plus irrégulières et vont donc réagir de manière exagérée à l'oubli d'une dose d'insuline. Mais ce sont aussi les patients auprès desquels on insiste le plus sur la régularité des horaires et la prise de collations en cours de matinée, d'après-midi ou au moment du coucher.

     

    Si l'oubli de la dose d'insuline est constaté avec 1 à 2 heures de retard, je propose de réaliser les deux tiers ou la moitié de la dose au moment de la constatation de l'oubli ou lors de la prise de la collation.

     

    Si l'oubli de la dose d'insuline est constaté au moment de l'injection suivante, soit avec 4 à 6 heures de retard, augmenter la dose suivante de 20 à maximum 30% : à nouveau, la cause d'une éventuelle hyperglycémie est connue, accidentelle et ses effets vont se résorber rapidement : il faut résister à la tentation de surcorriger!

     

    CAS PARTICULIER : si l'oubli porte sur une dose d'analogue lent dont l'action porte sur 24 heures (Lantus), il serait dommage de se priver 24 heures de l'action de son insuline de base. Si l'oubli est constaté avec une à deux heures de retard, faire la dose.

    Si l'oubli est constaté avec trois à huit heures de retard, faire les deux tiers de la dose et si l'oubli est constaté avec plus de huit heures de retard, c'est-à-dire souvent le lendemain matin faire une demi-dose.

    CONCLUSIONS

     

    L'oubli d'une dose de comprimé ou d'insuline doit dans la mesure du possible être évité, mais c'est quelque chose qui nous arrive à tous. Il ne faut donc ni dramatiser ni paniquer. La plupart du temps, si le diabète est bien équilibré, ceci ne portera pas à conséquence, et il est bien plus dangereux de réagir excessivement (par exemple en doublant la dose suivante, ce qui est toujours déconseillé).

     

    En pratique, si l'oubli est constaté rapidement le traitement peut être administré avec une petite réduction de dose de prudence.

     

    Si l'oubli est constaté plus tard, pour les comprimés on passera outre, pour les insulines on administrera une petite dose de raccord. Un cas un peu particulier est celui des insulines de base à longue durée d'action (Lantus) dont on essaiera plus précisément de compenser l'oubli, sans trop s'inquiéter cependant puisque cette insuline a aussi une action plus stable qui s'accommodera plus facilement d'un changement d'horaire.

     

    Je suis bien conscient qu'à la première lecture cet article puisse paraître compliqué: il est conçu comme un guide où chacun peut repérer son cas particulier et les conseils qui s'y appliquent.

     

    En cas d'hésitation, discutez en avec votre médecin généraliste ou votre diabétologue.

    Revue ABD Juillet - Août 2004
    www.diabete-abd.be

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    2 commentaires
  • 28

     N°51/2 - Mars/Avril 2008

    Dr Jacques GERARD, Médecine interne-endocrinologue

    L’autocontrôle glycémique est-il opportun pour le diabète de type 2 non traité par insuline ?

    Depuis deux décades, la pratique de l’autosurveillance de la glycémie à domicile (ASGD) s’est popularisée, tout d’abord dans le chef des diabétiques traités par plusieurs injections d’insuline avec en point de mire les schémas d’administration d’insuline adaptée de façon pluriquotidienne (ce qu’on appelle souvent le schéma prandial-basal). La remarquable efficacité dans le cas des diabétiques traités par injections multiples d’insuline est bien démontrée dans certaines grandes études prospectives et randomisées comme le « DCCT ». Une réduction de 30 à 60 %, très significative, des complications micro-angiopathiques (rétinopathie, polyneuropathie et néphropathies diabétiques) y est évidente.

    Progressivement, par le bouche à oreille et via les différents médias cette pratique s’est introduite chez les diabétiques non traités à l’insuline, souvent à leurs frais puisque la surveillance de la glycémie à domicile ne fait pas l’objet d’une prise en charge par AMI, (Assurance Maladie Invalidité, via les Mutuelles ou Organismes Assureurs).

    Comme on le répète souvent, les fonds destinés aux soins de santé ne sont pas inépuisables.

    Leur gestion est assurée par le Gouvernement aidé de l’INAMI et assisté par des représentants des différents partenaires sociaux : syndicats, travailleurs, patrons, associations de patients, médecins, etc…).

    Or l’ASGD représente un coût non négligeable : à titre de comparaison, l’ASGD des diabétiques âgés de 65 ans ou plus, non traités à l’insuline dans le chef de MEDICARE B aux USA (=Assurance Soins de Santé activée par l’administration Clinton) en 2002 a représenté 465 millions de dollars US (tigettes, matériel, piqueurs, calibrations et piles).

    La question de la prise en compte de ce type de dépense par l’Assurance-Maladie est posée pour le diabète de type 2 sans insuline, alors même que l’intervention de l’AMI dans l’ASGD des diabétiques sous insuline est régulièrement remise en question par le Gouvernement (remise en cause périodique du système conventionnel par lequel certains centres s’engagent à fournir l’expérience paramédicale et le matériel nécessaire à l’administration pluriquotidienne d’insuline).

    Existe-t-il des preuves scientifiques que l’ASGD améliore la santé des diabétique de type 2 sans insuline, le sujet étant par définition examiné collectivement ?

    Il faut bien avouer que ce n’est pas démontré, cette question fait encore toujours l’objet de débats dans les revues et congrès spécialisés.

    C’est ce que MB Davidson discute dans un éditorial suscité par une 2° étude de la question publiée en mars 2007 dans Diabetologia.  (Davis et al, Diabetologia 2007, 50, 3,510 et Davidson, Diabetologia 2007, 50,3 497).

    Cette dernière étude non seulement ne montre pas de gain de santé particulier chez les D2 sans insuline, mais de plus laisse croire que le risque cardio-vasculaire des D2 qui se sont imposé un ASGD est nettement accru !

    Comment est-ce possible alors qu’une précédente étude avait au contraire montré l’inverse; à savoir une réduction des complications de tout genre chez les D2 soumis à l’ASGD ? C’est ici qu’il faut bien examiner les études publiées. De nombreux facteurs peuvent  influencer significativement les résultats d’une étude, surtout si celle-ci est observationnelle, rétrospective et ainsi ne respecte pas la rigueur des expérimentations conduites selon les règles de la randomisation (tirage au sort).

    Revoyant les études publiées jusqu’en 2007, Davidson estime qu’il n’y a pas de preuve scientifique que l’ASGD améliore le sort des D2 non traités à l’insuline.

     

    Cependant il est clair que la pratique de ce type de surveillance a un rôle éducatif certain pour chaque patient acceptant de s’y soumettre, le motive davantage,

    permet de réagir plus rapidement et d’identifier des hyperglycémies méconnues et non ressenties, peut permettre aux soignants d’ajuster certains types d’antidiabétiques oraux (et spécialement les glinides (Novonorm) et le glucobay (Acarbose), ainsi que de documenter d’éventuelles hypoglycémies.

    L’adaptation alimentaire est également mieux gérée si l’effet des repas sur la glycémie au doigt est observable en temps réel et bien sûr à condition que l’ASGD soit suffisamment fréquente (avant et après repas par exemple), ce qui est rarement réalisé dans le cas des D2.

    Au total, Davidson conclut que l’ASGD est une technique coûteuse mais largement popularisée n’ayant pas fait la preuve de son efficacité pour la santé des D2 non traités à l’insuline. Mais la discussion reste ouverte, peut-être peut-on imaginer un recours intermittent à l’ASG, dans certaines conditions particulières émaillant la vie d’un diabétique de type 2.

    Une étude clinique randomisée prospective bien construite devrait peut-être permettre d’apporter une réponse à cette question.

    En attendant, la question reste de savoir si les deniers publics peuvent être employés dans cette direction au stade actuel des connaissances.

     

    Le Contrepoint du Rédacteur en Chef

    L’article du Dr Gérard soulevant des questions très débattues, et peu documentées, il nous le confirme, je veux introduire un contrepoint pour le lecteur. Je serai bref :

    1. L’importance capitale de l’autocontrôle glycémique ne se discute plus dans le diabète de type 1, le diabète post-pancréatite et en règle générale tout diabète traité par un schéma de type basal prandial (ou une pompe) surtout si on utilise les analogues ultra-rapides de l’insuline.

    2. L’autocontrôle glycémique est un outil précieux d’instauration, d’adaptation et de surveillance du traitement chez tout diabétique traité à l’insuline. Il évite certaines hospitalisations inutiles pour débuter ou adapter les traitements insuliniques.

    3. Malheureusement la question du remboursement de l’autocontrôle aux patients non traités à l’insuline ne se pose même pas en Belgique : l’autocontrôle n’y est même pas remboursé aux patients sous une injection d’insuline (là où l’autocontrôle matinal

    est bien utile pour adapter vite et bien la dose d’insuline).

    4. Il n’y a pas d’étude d’intérêt car il n’y a pas d’intérêt pour ce type d’étude : aux USA le remboursement est acquis auprès de beaucoup de caisses d’assurances, en Belgique il ne le sera pas même en cas d’étude favorable.

    Pourquoi investir une étude ? Ce serait aux autorités de régulation ou remboursement de le faire !

    5. Chez le diabétique non traité à l’insuline mais avec un traitement à risque d’hypoglycémie (sulfamidés ou glinides) un autocontrôle limité nous semble utile.

    Nous recommandons généralement un profil/15 jours ce qui, avec les imprévus et d’éventuels contrôles pour malaise, fait deux boîtes de tigettes par an environ.

    L’autocontrôle permet de monitorer le traitement, de motiver le régime, de se rassurer en cas de malaise, etc. Il faut cependant que l’autocontrôle soit structuré (organisé) et pas occasionnel, et que le patient soit bien au courant de ses objectifs personnels.

    6. Pour les patients qui exercent une activité à risque d’hypoglycémie ou qui veulent simplement continuer à conduire leur véhicule sous tout traitement susceptible

    de causer des hypoglycémies, l’autocontrôle est enfin une obligation morale de sécurité.

    7. Soulignons enfin que certaines fédérations de mutuelle ou caisses d’assurance accordent un remboursement limité des autocontrôles à leur affiliés même non insulino-traités mais le régime est variable d’une caisse à l’autre : renseignez vous auprès de votre caisse.

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  • OBESITE LA FOLIE DES GRANDEURS EN CAUSE

     

    L'évolution de l'environnement alimentaire, notamment par le biais de la taille des portions, semble jouer un rôle clé dans l'adoption d'un comportement alimentaire inadéquat. Il constitue désormais un poste de plus en plus solide pour contribuer à expliquer l'évolution alarmante de l'obésité.

    Leptine, ghréline, insuline, CCK, PYY... les nombreuses hormones ou neuropeptides impliqués dans la régulation du poids corporel tissent une toile extrêmement complexe dont la connaissance devrait aider à mieux comprendre, voire traité, l'obésité.

    Ces voyages métaboliques au cœur des systèmes de régulation interne sont certes enrichissants, mais ils n'ont pas, jusqu'à présent, permis de percer le mystère de l'obésité et d'expliquer un de ses paradoxes : les Français sont friands de denrées grasses, les Américains sont plus portés sur les aliments allégés.

    Et pourtant les premiers sont sensiblement plus minces que les seconds (BMI moyen des adultes français = 24,4, contre 26,6 pour les adultes américains).

    C'est précisément pour tenter d'expliquer cette différence que le psychologue Paul Rozin (Université de Pennsylvanie, Philadelphie), le sociologue Claude Fischler (CNRS, Paris) et leurs collègues ont mené une étude transatlantique portant sur le paysage des portions dans deux grandes villes Philadelphie et Paris (1).  

    En moyenne, le poids de la portion est 25 % plus élevé à Philadelphie que dans la Ville Lumière

    MANGER À LA CARTE

    L'équipe franco-américaine s'est d'abord intéressée au poids des portions servies au restaurant incluant fast-food, pizzeria, glaciers, bistros locaux et restaurants ethniques.

    Sur les 36 paires de plats et boissons pesées, 26 ont un poids significativement inférieur à Paris. En moyenne, le poids de la portion est 25 % plus élevé à Philadelphie que dans la Ville Lumière.

    Des différences apparaissent aussi au sein d'une chaîne de fast-food : si le poids du hamburger et des " chicken nuggets », est comparable, les portions de frites ainsi que les sodas sont plus grands de l'autre côté de l'Atlantique.

    SUIVEZ LE GUIDE

    Pour compléter leurs investigations sur les restaurants, les auteurs ont dépouillé le guide Zagat (édition 2000) consacré à Paris (891 restaurants) et celui portant sur Philadelphie (637 restaurants).

    L'analyse rapporte que l'on fait trois fois plus souvent référence à la taille des portions dans l'ouvrage américain. Ces références mettent en avant des grandes portions dans 88 % pour Philadelphie, contre 52 % des cas pour Paris. Les auteurs relèvent aussi que les formules de « buffet à volonté I, sont plus fréquentes outre-Atlantique.

    L'équipe a procédé ensuite à la comparaison de deux livres de cuisine, un français et un américain. Ils relèvent que les recettes comparables à base de viande sont en moyenne 53 % plus copieuses Outre-Atlantique, alors que celles à base de légumes contiennent près de 25 % de végétaux en moins.

    DANS LES RAYONS AUSSI

    L'équipe a encore comparé une série d'aliments proposés en portions individuelles dans une grande surface française et une autre, américaine. Dans 14 cas sur 17, les portions d'aliments s'avèrent plus importantes au pays de l'Oncle Sam (en moyenne 37 % de plus).

    Enfin, les auteurs ont estimé le temps consacré au repas dans un restaurant Mc Donald's à Paris et dans un autre à Philadelphie. Compte tenu des différences déjà observées dans la taille des portions, ont pourrait s'attendre à ce que le temps du repas soit plus long aux Etats-Unis.

    Il n'en est rien : celui-ci est en moyenne de 22,2 minutes à Paris, contre seulement 14,4 minutes à Philadelphie ! 

     

    PORTION À LA HAUSSE

    La piste de la taille des portions semble aussi contribuer à expliquer pourquoi l'obésité a connu une progression fulgurante aux Etats Unis lors du dernier quart de siècle. Sur base des données de consommation recueillies entre 1977 et 1998 auprès de plus de 60 000 personnes, des chercheurs ont déterminé l'évolution de la taille des portions d'aliments (2).

    Les snacks voient leur contenu calorique moyen augmenter de 93 kcal, les limonades de 49 kcal, les hamburgers de 97 kcal et la portion de frites de 68 kcal.

    Les snacks occupent une place de plus en plus grande : leur contribution à l'apport énergétique total est passée de 11,3% en 1977 à 17,7 % en 1996, soit une majoration de plus de 60 %.

    Même avec une alimentation  riche, les Français mangent tout simplement moins que les Américains.

    L'ensemble de ces données suggère que la taille plus petite des portions et le temps plus important consacré au repas contribuent à expliquer les différences de la prévalence de l'obésité entre ces deux pays : même avec une alimentation « riche », les Français mangent tout simplement moins que les Américains.

    A l'avenir, le traitement de l'obésité ne devrait probablement pas porter uniquement sur les tentatives visant à changer l'individu, mais aussi tenir compte de l'environnement.

    Et redonner notamment à l'acte de manger toutes ses lettres de noblesse. Small is beautiful!

    Nicolas Guggenbübl Diététicien Nutritionniste

     

    Réf

    (1) Rozin P et al. Tbe Ecology Of Eating. Smaller Portion Sizes in France

    Than in the United States Help Explain the French Paradox. Psycbological

    Science 2003;14(5): 450-454.

    (2) Nielsen SJ et al. Patterns and trends in Jbod portion size, 1977-1998

    JAMA 2003;289(4)/450-3.

    (3) Matthiessen J et al. Size makes a difference. Public Health Nutr 20Q3;6(1):65-72.

     

     

    http://www.diabete-abd.be/obesite_la_folie.htm
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